Life’s a bitc*

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Depuis plusieurs semaines j’ai repris d’écrire régulièrement sur le blog afin de combler le retard accumulé ces derniers mois. Retard pris à cause des enchaînements de modification de nos habitudes, le temps de prendre le rythme, de vivre notre vie.
Mais parfois  tout simplement le coeur n’y est pas.
Besoin de faire un break et surtout des choses de la vie plus importantes à nos yeux reprennent naturellement leur place.

Dans l’immigration, les choses les plus difficiles à vivre sont l’éloignement de la famille, la maladie et ne pas être avec les proches qui vieillissent. Ce sont les points que nous ne pouvons pas maîtriser.
Nous avions mis de côté ces points en nous centralisant sur notre famille, je parle au sens restreint du terme, c’est à dire nous cinq. Il faut parfois dans la vie faire des choix, mettre tout dans la balance et se rendre compte que la balance  ne penche ni d’un côté ni de l’autre, prenons une décision et assumons la.

À peine un mois après mon retour dans notre nouvelle vie, un événement viendra tout chambouler, donner un coup d’arrêt à l’engouement excessif que nous avions dans cette aventure, l’aventure de notre vie. Nous étions conscients que peut être nous ne reverrions jamais certains proches, la vie est faite ainsi : impossible de prévoir à l’avance et ne nous empêchons pas de vivre dans la peur de voir le monde vieillir autour de nous.
Cependant quatre jours avant l’arrivée de la Patronne et des Enfants, nous apprenons que mon père est atteint d’un cancer. Grosse estocade, nous nous retrouvons un genou à terre et encaissons la nouvelle. Les semaines suivantes ont été très difficiles pour toute la famille, ma mère, mes frères et ma soeur, la Patronne, moi…
Les distances sont difficiles à assumer dans ces moments là, mais bon « c’est la vie »… « life’s a bitch » ouais !
La magie d’internet et de Whatsapp permettent de suivre de près l’avancée des résultats, participer à la nouvelle organisation qui se fait autour de papa. Nous nous soutenons, nous échangeons, nous participons comme nous le pouvons.

Mon père a été une des personnes à toujours nous avoir soutenu dans ce projet. « Faites le ! Vous avez raison à 100% ».
Mon père est arrivé en France à l’âge de 18 ans avec un petit sac à dos et 50 Francs en poche, seul, réfugié politique qui fuit les horreurs de son pays, qui fuit pour ne pas mourir.
Mon père est une des raisons pour laquelle j’ai toujours voulu tenter l’immigration : « Suis-je capable de le faire moi également ? » Pas dans les mêmes conditions, pas pour les mêmes raisons, il en convient, mais nous sommes des voyageurs de générations en générations et c’est inscrit dans mes gènes, ça coule dans mes veines.
Mon père est un exemple d’intégration dans un pays et une culture si différente de la sienne. Pas dans son accent qu’il aura toute sa vie, pas dans sa façon de vivre, mais dans le fait que nous, ses enfants, en soyons là où nous sommes aujourd’hui. Fier de nous, fier de notre parcours, fier de notre nom.

Les résultats tombent et un traitement est possible. Gros soulagement. Rien n’est gagné, ni acquis mais une lueur est visible au bout du long tunnel, le tout est de conserver la petite bougie qui nous sert à éclairer ce long et périlleux chemin. Gardons espoir.

R.

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