Les 5 Commandements du Dentiste Français au Québec.

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Cet article décrit nos ressentis ici, notre vision de la profession de médecin dentiste ici au Québec (oui car ici les études sont appelées études de médecine dentaire). Ainsi des confrères pourraient avoir une vision totalement différentes en fonction des expériences vécues (ici ou là bas)

Tout d’abord en préambule, il faut avoir en tête que nous sommes deux cultures différentes, avec des formations différentes, une politique de remboursement social différente. Nous parlons la même langue mais les Québecois sont des américains qui parlent français et non des Français qui vivent en Amérique. La règle du « politiquement-correct » est donc de rigueur.

Il n’existe pas de fossé que ce soit au niveau technique ou au niveau matériel. Il existe de très beaux cabinets, des très bien gérés et des vieux avec du matériel des années 80 ou du « cheap » avec du matériel provenant quasiment de Ebay… un peu comme en France. Cependant la plus grosse différence matériel qui saute au yeux est que le fauteuil est rarement la priorité du cabinet, ainsi la majorité des postes pour les collabs (dentiste à pourcentage) seront dotés d’un magnifique fauteuil qui dépasse presque nos âges. Même certains dentistes propriétaires ont de beaux fauteuils du siècle dernier.

Ainsi pour nous il existe cinq grandes règles à suivre pour se lancer au mieux dans l’aventure nord-américaine et personne ne t’attend, tu devras faire tes preuves pour obtenir ton nom : les DU, les formations, les beaux diplômes français ici ne valent pas grand chose.
Tes grandes années d’expériences, la belle gestion de ta clinique, cela ne te donnera pas de passe droit pour sauter les échelons de ton ascension sociale ici. Tu commenceras comme tout le monde en bas et tu monteras plus ou moins vite en fonction de cette expérience acquise durant ces dernières années. Donc même si tu repars de zéro, tu auras toujours la possibilité de monter aussi haut que tu le souhaiteras avec le temps.

1/ Le patient est roi mais toi tu restes le patron.

Le patient qui veut imposer son plan de traitement, il va falloir s’y faire. Il paye donc  il a le droit de choisir. Très différent de la mentalité française qui laisse libre choix au dentiste de décider (si le patient n’est pas d’accord, il peut aller voir ailleurs), ici l’approche reste très différente. Il sera très mal vu de dire au patient d’aller se faire voir chez les Grecs si il est pas content. Il faut donc savoir user de beaucoup de diplomatie et d’explications pour essayer de faire choisir la meilleure solution pour le patient à nos yeux.
Ici le patient (ou son assurance) paye donc le prix d’une endo à 1000$ ou l’extraction à 114$ feront une différence pour le choix du plan de traitement. Il faut donc laisser le choix au patient avec un consentement total et éclairé sur les différentes solutions et le prix qui en découlera.

Cependant tu restes le dentiste qui a une valeur sociale très élevée. Le patient n’osera en règle général donc jamais te contredire, te poser des questions directement (ils passeront par l’assistante ou l’hygiéniste) ou bien te demander de reexpliquer. Tu devras ainsi lire le langage corporel et t’assurer de la validation du patient pour un plan de traitement si une minuscule réticence apparait.
De plus un patient insatisfait ne te le dira presque jamais directement, il te dira au revoir avec une grand sourire et ne se gênera pas de te faire part de son mécontentement aux secrétaires, à la boite à avis ou bien via les avis google sans jamais faire de vagues.

Ton plus grand allié pour éviter cela est ton équipe : l’assistance, la secrétaire, l’hygiéniste sauront  te guider et poser les questions si le patient ne semble  pas ravi à 100%.

2/ Ne fais pas le cowboys, ici tu ne tentes pas sans être sûr(e)!

À moins d’être sûr à 95% de la réussite de ton traitement, tu n’essaies pas de le faire à moins d’avoir prévenu le patient du risque d’échec. Ainsi les traitements endo non complets, la chir un peu acrobatique, le composite sans paroi rétentive, ça se fait mais il faut avoir proposé au patient avant de voir un spécialiste, donné des prix pour les autres solutions et fait signer un consentement comme quoi la situation présente un gros risque d’échec.

Si tu t’engages dans un traitement qui se met à tourner au vinaigre, tu temporises, tu proposes d’envoyer au spécialiste et tu fais signer un consentement au patient si il désire tout de même de finir le traitement sans garanti de résultat.

La clef ici est de connaitre ses limites et de toujours proposer de voir le spécialistes (il existent ici des spécialistes pour toutes les disciplines dentaires). Si le patient souhaite tenter quand même avec toi (coiffage direct en cas d’effraction pulpaire, instrument cassé lors d’une endo, CBS lors d’une chir), il devra signer un consentement. Les modèles sont disponibles dans toutes les cliniques et il est bien stipulé que le patient a eu le choix de son traitement et aussi le choix de voir un spécialiste pour son traitement.

Avec cela, tu te pares pour le troisième commandement.

3/ L’Ordre n’est pas ton ami , il ne t’aidera pas en cas d’erreur, bien au contraire.

Contrairement à la France qui a un Ordre très paternaliste et qui favorise la conciliation lors d’une procédure praticien/patient, ici l’Ordre est un vrai protecteur de la population. Son rôle est de se mettre du côté du patient pour vérifier que le dentiste est un bon dentiste et qu’il ne fait pas prendre de risque au patient de manière inconsidérée. Ainsi les radios/photos intraorales sont quasiment obligatoires en préopératoire pour pouvoir se justifier dans la mise en place d’un plan de traitement. L’Ordre peut les demander pour vérifier la prise de risque du dentiste. Il faut savoir qu’en cas de litige, c’est un jury de spécialistes de la discipline qui jugera le travail du dentiste. Ainsi autant dire qu’on ne se lancera pas dans le traitement hyper risqué que seul un spé peut faire car après si il y a un souci va falloir se justifier devant des spécialistes.

Le consentement signé reste la clef de voute pour pouvoir prouver que le patient était conscient et coopératif à la prise de décision du plan de traitement.

4/ Take your time.

Tu n’impressionneras pas réellement les autres ici  en faisant ton composite 3 faces en 20 minutes. Ici la qualité est le critère numéro un et les dentistes propriétaires sont très indulgents sur les dentistes finissant « lents ». C’est sûr que si tu travailles bien et vite, ce sera un gros atout, mais sache que ce n’est pas l’objectif ultime.

Ici tu es payé et tu peux vivre quel que soit le type de travail effectué. De nombreux dentistes ne prennent pas trop de risque en ne vivant que de composites et d’examens d’hygiène. Les tarifs te permettent de pouvoir mettre la digue dans tous les cas (libre à toi ensuite de la mettre ou pas) et d’axer ton travail sur l’art dentaire et non l’abattage industriel que la CPAM impose.

De plus forcément si un acte n’est pas parfait, le patient n’attendra pas le contrôle de l’année prochaine pour revenir et ne se gênera pas pour te demander ton explication sur la durée de vie réduite de ton travail (et si les explications ne lui conviennent pas, pour ensuite te faire un gros sourire et te bâcher auprès des secrétaires ou sur internet, cf commandement 1 )

De toute façon tu vas ralentir le rythme par toi même et apprendre à gérer 3 voir 4 patients en même temps. C’est l’une des raisons aussi pour laquelle tu prends ton temps car c’est très demandant de « switcher » d’un patient à l’autre car tes hygiénistes ont des patients et tu as les tiens. Donc il faut savoir faire la gymnastique entre les salles de soins pour te souvenir ce que tu dois faire, ce que tu as dit et ce que la patient attend de toi.
Les patients ici ne sont pas regardant sur la montre et peuvent attendre 10 minutes assis sur le fauteuil que tu finisses avec un patient avant que tu viennes continuer le soin. Le but de cette organisation est que tu ne fasses que tu travailles de « dentistes » et que tu n’attendes pas qu’un patient soit rentré dans la salle de soin pour reprendre la journée.

5/ REMPLIS TES DOSSIERS CORRECTEMENT.

Que ce soit dossier papier ou informatique, les dossiers ne sont pas modifiables après  les avoir remplis. Aucunes ratures ou ajout avec un astérisque ne sera toléré par l’Ordre en cas de litige.
Tu prends donc du temps pour les remplir, tu le fais correctement, tu y consignes tout (consentements du patient, mises à jour du dossier médicales, les radios, les facturations) tu les signes et tu les classes.

Ce point te permettra de conclure les 4 premiers points des commandements, tu mets la quantité et le type de produit utilisé/injecté, tu poses les diagnostics, les tests, les analyses radio, les références éventuelles, tout doit être justifié et ensuite le protocole complet doit être décrit, jusqu’aux conseils post-op du rendez vous (que ce soit de la chir ou un composite)  et le pronostic du travail fait.

Des contrôles réguliers de l’Ordre permettent de mettre l’accent sur les points faibles de ta façon de remplir les dossiers afin de tendre vers la perfection.

Maintenant petits conseils pour ceux qui cherche un stage :

  • Mets ton CV au goût du jour à la québécoise : pas de photo, pas de situation familiale, pas d’âge, priorité sur l’expérience professionnelle plus que les formations/diplômes. De nombreux sites internet sont dédiés à la rédaction des CV et des lettres de motivation à la québécoise, allez faire des petites recherches.
  • Recherche des annonces de ventes, de collab, etc sur les sites québécois tels que l‘Ordre ou l’ACDQ et tu tartines !!
  • Fais des suivis téléphoniques de tes CVs. Ici le téléphone est privilégié. Les mails sont laissés de côté et oubliés, le top c’est d’appeler et de demander à parler directement au gestionnaire. Ça permet de forcer un peu le contact.
  • Montre ta ganache ! Prends un billet d’avion et ose ! Plus qu’un CV, ici ils engageront une personnalité. Rien de meilleur que de montrer sa motivation et son joli minois pour jouer à l’Opération séduction. Des dernières personnes qui ont eu l’opportunité d’avoir une offre d’embauche, je pense que la majorité est venue déposer  le CV directement à la main du gestionnaire ou du dentiste. Ici ça marche énormément avec le réseautage, si tu n’en as pas et bien tu te montres !
  • Les villes Montréal et de Québec seront à éviter car les trois seules facultés du Québec y résident, la concurrence avec les diplômé québécois y est donc très rude.
    Et il est sûr qu’entre un dossier d’un canadien ou un dossier d’un stagiaire français pour lequel il faut faire des démarches compliqués d’immigration, il n’y a pas photos !
  • L’ADC propose quelques pages pour les dentistes étranger. Allez y poser un oeil.
  • Pour les spécialistes, comme je ne connais pas les démarches (est-ce les mêmes ou bien sont-elles différentes ?) Je vous invite à aller voir directement avec eux sur le site http://www.fdsq.qc.ca/fr/accueil.htm, peut être existe-t-il une démarche qui permet de court circuiter le stage ou BNED… qui sait ?

En espérant ne pas avoir dit trop de conneries et avoir pu aider un maximum d’entre vous.

R.

« J’envoie valser … »

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« Moi je m’en moque,
J’envoie valser les trucs en toc
Les cages dorées … »

début septembre 2018

Une fois n’est pas coutume j’ai pris du retard sur les articles, pas moins de 20 billets dans les brouillons ne demandent qu’à être rédiger et mise en page.
Une entorse dans la chronologie sera faite pour expliquer les futures parutions, un résumé en quelques lignes pour mettre l’eau à la bouche 😉

De nombreux rebondissements professionnels ont eu lieu ces derniers mois et avec tous les remous, mieux a valu attendre que ça se calme pour expliquer clairement les choses.

La Patronne pas de changement, la clinique fonctionne bien et l’organisation est belle, donc cela permet une fois le rythme et le tempo acquis de rouler sans trop de difficultés (enfin mis à part le choc des cultures France/Québec en dentisterie, un prochain billet pour tout expliquer pour les dentistes)

Pour ma part j’ai posé ma démission en juin.

Problème de compréhension, tensions suite à l’annonce des départs des deux autres frenchies de la clinique, refus de négociation ont amené que l’on m’a proposé de signer un contrat qui ne me convenait pas ou bien de partir.
La suite coule de bon sens.

Je suspecte que cette tentative de hold-up de la part de mes employeurs était motivée par le fait qu’il savait que j’avais un permis de travail fermé avec eux et que nous n’avions pas encore fait la prolongation, ils ont donc tenté le coup  de bluff du « rentre-en-France-si-ça-te-plait-pas-ici », sauf qu’au jeu des échecs ils faut toujours voir trois coups à l’avance. Ainsi lors des débuts de pseudo-discussions stériles et sentant le vent tourner, nous avons fait une demande de permis de travail pour la Patronne : 2 mois et demi après la demande nous nous retrouvons avec de nouveaux permis temporaires, fermé pour la Patronne et ouvert pour moi ! Youpi, je peux aller travailler où bon me semble (sauf dans l’industrie du sexe… c’est écrit noir sur blanc sur mon permis !)

Aujourd’hui, je passe (beaucoup !) d’entretiens d’embauche et effectue des journées d’essai afin de trouver une belle clinique qui proposera de belles conditions. Je ne suis pas pressé de trouver, je veux quelque chose de beau ! Les propositions se succèdent et je me rends compte qu’avec de l’expérience et une personnalité facile, cela ouvre les portes des cliniques qui montent les enchères afin de proposer mieux que le voisin. Attendons que les gestionnaires s’écharpent, j’irai voir la meilleure offre !

Entre temps cet été j’ai également fait un dossier pour la spécialisation à Québec en endodontie. Qui ne tente rien n’a rien !
La spécialisation implique la reprise des études (3 ans) et un déménagement à Québec. Ainsi je serais convoqué à l’oral pour l’entretien et me retrouverais 2ème sur liste d’attente (avec seulement 2 places par promotion). Donc je ne serais probablement pas pris pour la promotion septembre 2019, mais pourquoi pas retenter l’année prochaine… en tout cas trois billet sortiront sur le périple Gatineau-Université de Laval à Québec.

Bien entendu les prochains articles parleront aussi de nos week-ends et des belles visites que nous avons eu durant l’été. Puis de nos vacances en Alberta, dans les Rocheuses Canadiennes. Que du beau pour vous faire rêver 😉

Allez, on se prépare pour les prochaines jours à avoir tous ces compte-rendus  🙂

R.

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Back in time

Plus d’un mois que nous n’avons pas publié de billet. La vie tourne à cent mille à l’heure et avoir à gérer nos double-vies de chaque côté de l’océan nous a pris énormément d’énergie.

La maison en France est vendue, nos cabinets dentaires sont vendus, plus rien ne nous appartient en France. Juste des souvenirs et nos familles/amis.

Changer de rythme, changer de repère, changer des habitudes, sortir de la zone de confort, changer tout simplement de quotidien reste un défi de tous les jours.

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Les enfants ont eu leur quinze jours de vacances après avoir fait un démarrage dans un nouveau système scolaire de presque 4 mois sans pause. Étrangement, ils tiennent bien la cadence et ne semblaient pas sur les rotules arrivés dans les dernières semaines de classe. Les tranches horaires sont spéciales car ils suivent un enseignement trilingue et ont donc des heures supplémentaires par rapport au programme régulier. École de 8h30 à 16h00 pendant 5 jours, avec en plus des clubs en fin de journée ou sur la pause de midi pour combler un maximum leur retard dans les langues.

20171215_164353.jpgAu bout de 4 mois, le Grand qui est en 3ème année (CE2) rattrape son retard en espagnol à l’oral et à l’écrit (vs ses camarades qui en font depuis au moins 3 ans). Les débuts en anglais sont plus difficiles, nous ne pratiquons absolument pas l’anglais à la maison ainsi à l’oral il est un peu timide mais commence à comprendre la totalité de ce qu’il lui est dit.
Le Second se balade et est à l’aise dans toutes les matières, il est vrai qu’il a des facilités d’apprentissage et qu’il commence sans retard par rapport à ses camarades.
La Benjamine en préscolaire 3 ans parle un peu espagnol et anglais. De vrais éponges à cet âge. Le plus drôle est de les entendre parler espagnol entre eux lorsqu’ils jouent ensemble à la maison.
Les trois ont leurs bandes d’Amis, il ne leur aura fallu que quelques semaines pour se faire leur nid. Les Enfants restent un des meilleurs boosts d’intégration sociale.

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La Neige s’est invitée en belle quantité à la mi-décembre pour le plus grand bonheur des Enfants (et le plus grand malheur de notre Minette !). Ils passent leur récréation à se construire des fort de neige dans la cour d’école. Ils ont bien intégré le fait de mettre les couches successives et tous les accessoires  afin de couvrir le moindre centimètre carré de leur peau. Jouer dehors reste possible mais rien ne doit être laissé au hasard des courants d’air.

La vie de tous les jours restent rythmée par le travail et les Enfants. Qu’il neige ou pas, les trajets en voiture, les courses, les devoirs, rien ne s’arrête à cause d’une petite bordée de 25cm de neige. Il faut avouer que d’avoir des places de garage et des démarreurs à distance permet de mieux vivre l’Hiver. Après la conduite sur Neige s’apprend : ne pas piler comme un con, le regard loin devant et pas de virages brusques, ça devrait bien se passer.

Screenshot_20171227-135517.pngDurant la fin décembre il y a eu des températures glaciales durant plusieurs jours. Un froid qui touche tout l’Est du continent américain, les infos en parlent de Québec à la France en passant par New-York. Cela impressionne beaucoup de voir -35°C ou -42°C sur les thermomètres mais en toute sincérité cela reste vivable, le tout est d’être couvert en conséquence en cas de balade prolongée en extérieur. -15°C ou -35°C c’est kif-kif, tu gèles sur place si tu n’as pas tes mitaines (gants) et ta tuque (bonnet).

Les maisons, les supermarchés, les voitures, tout est chauffé à 24°C donc il est possible de passer la journée au chaud en traversant la barrière des températures négatives que quelques secondes tout au plus.

 

 

Pour les fêtes de fin d’année, nous avons entamé un aller/retour éclair en France. Ce voyage n’était pas prévu initialement dans le programme mais la maladie de mon Papa nous à pousser à casser la cagnotte, afin de ne pas regretter, au cas où.

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C’est parti pour un périple de 9 jours, avec plus de 1200km à faire et une moyenne de 3 heures pour chaque personne que nous croiserons sur le vieux Continent. Bien entendu, nous passerons plus de temps avec nos Parents. Cela restera un marathon et des vacances épuisantes. Durant tout notre voyage nous aurons la brillante idée de presque rester à l’heure québécoise, ainsi les Enfants seront couchés entre minuit et une heure du matin, ils profiteront des fêtes au maximum et encaisseront moins le décalage horaire du retour. Le temps file et ne fait pas de pause, il faut rentrer. Bye-bye la France.
Un bon coup de Blues au retour, surtout pour la Patronne. Pas facile de laisser les proches qui grandissent et qui vieillissent de leur côté.

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À notre retour, plus de 70cm de poudreuse nous attend dans le jardin. Cela devient une réelle expédition polaire pour aller en bas du jardin au bord de la rivière et remonter à la maison. La luge est de sortie et nous entamons le début de la création de la piste de glissade de la mort.
Nous inviterons nos voisins digne de Desperate Housewives à venir partager la galette des rois pour l’Épiphanie, une tradition peu connue ici. Un franc succès. Une agréable après-midi avec des personnes bienveillantes.
Les vacances se terminent doucement, 2018 nous voilà !

R.

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Tranche de vie, l’été des indiens

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Lever, douche, café/thé, boites à lunch. Le rythme est en place. L’Hiver prend sa place. Beaucoup de rencontres, des fins de semaine bien remplies, finalement d’avoir tout repris de zéro à 6000km de nos anciennes vies ne nous aura pas forcé à nous replier sur nous même.

Le travail, le voisinage, l’école des enfants, les formations professionnelles, tout contribue à nous faire voir de nouveaux gens. En France, nous trouvions que nous n’arrivions pas à voir assez souvent les amis comme nous le souhaitions. Finalement au Québec ça se reproduit : peut être que nous pourrions avoir des journées de 30h, ça nous permettrait d’en profiter pleinement ! hahaha

Le bilan de cette première saison passée en famille ici est très positive, les Enfants adorent et ne regrettent pas leur ancienne vie. Nous, parents, trouvons le rythme éreintant mais sommes conscients que nous en avons encore pour plusieurs mois comme cela avant de réussir à tout équilibrer comme dans notre vie « d’avant ».

Prochaine étape, la saison des neiges. Les Enfants l’attendent de pied ferme.

R.

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Douche froide

Le retour à la réalité a été d’une extrême violence. Nous savions que revenir temporairement au travail serait dur, mais de là à miner autant le moral, non.

Revoir la Patronne et les Enfants a été le meilleur de ce retour. Enfin rentré. Enfin réunis. Le rythme que nous avions à 5 se replace tranquillement et tout se recale, la Benjamine a grandi et parle avec des « vrais » mots. Les Grands sont heureux et vérifient que Papa ne repart pas seul.

Par contre, au boulot, le coeur n’y est vraiment plus. D’autant plus que l’accueil par mes associés a été glacial, voir même pire que les -35°C qu’il y a eu cet hiver. Indifférence, jalousie ou individualisme, je ne sais pas ce qui a motivé cette attitude. L’avenir nous le dévoilera peut-être.
Tant pis, ma vie ne les intéresse pas, la leur non plus. Nous avancerons ensemble en famille et nous nous délesterons des connaissances qui ne valent pas plus la peine que cela.
De plus ma remplaçante a eu une activité assez « particulière », à la limite de la légalité vis à vis du fisc et de notre contrat qui nous liait. Je ne jugerai pas, seulement la nouvelle assistante qui m’est rattachée est devenue très amie avec cette remplaçante, donc je ne partage absolument aucune chose avec elles tant que les comptes et la situation n’auront pas été éclaircies.
L’ambiance au travail est morne et la tête est restée au Québec. Les patients sont prévenus de notre projet de départ imminent. Tous le sentaient venir, tous comprennent, beaucoup regrettent cette décision mais nous souhaitent de passer le cap.

Quelques Skypes avec mon assistante québécoise remettent un peu de baume au coeur et permettent de la présenter aux personnes qui accompagnent notre vie ici, sur le vieux continent. L’accent fait du bien, les expressions, la vie, tout fait du bien. Nous y serons bientôt.

Demain la Patronne part en expédition pour passer des entretiens et des visites de maison à Gatineau. En fin de semaine, nous aurons notre date de départ. Enfin, le bout du tunnel ! La route est encore semée d’embuches et de difficultés jusqu’au billet d’avion aller-simple mais d’avoir une dead-line regonflera le moral morose, c’est certain !

R.

Presque 6 mois sont passés…

6 mois, c’est long… 6 mois c’est court. Tant de choses dans ma Bucket-List il y a 6 mois (Choses à faire). Une grosse partie a été faite, mais plus j’en faisais, plus il y en avait de nouvelles qui venaient s’ajouter. Nouvelle vie qui se déplie, nouvelles attentes, nouvelles envies.

6 mois loin des 4 êtres que j’aime le plus au monde, c’est long. Ça a été le plus dur, le travail et l’accueil des québécois m’ont aidé à passer cette étape en douceur. Les aller-retours rapides ont permis de combler un minimum ce manque également. Madame mérite un médaille pour avoir réussi à s’occuper seule des 3 enfants et de gérer nos 2 cabinets dentaires (en travaillant à temps quasi-plein par dessus cela). Il me tarde de vous retrouver vous 4.

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Le travail est très plaisant, l’intégration s’est bien passée. Une seule règle est à suivre : non, ce n’est pas la France, les relations avec les employés ne sont pas les mêmes, la hiérarchie, les techniques et les protocoles non plus… donc pas besoin de s’enfermer dans un cycle régressif qui consiste à tout comparer ! Les Québécois savent que le Québec n’est pas la France, pourquoi diable les Français ont tant de mal à se dire qu’ils ne sont plus en France. Rien n’empêche de penser ce que l’on veut mais ces pensées peuvent rester silencieuses.
Un poste m’est proposé, donc je suis attendu après la validation de stage d’équivalence.

Bonne nouvelle, car il faut rentrer en France pour boucler notre début de vie là bas et notre immigration pour cet été ne dépendait que d’une offre d’emploi à l’issue de ce stage. Une page va bientôt se refermer et il est essentiel de bien clôturer tout cela avant. La maison à vendre, le cabinet à vendre. Madame a déjà vendu le sien, sa vie professionnelle est déjà de l’autre côté de la planète. Surtout qu’un stage va peut être lui être proposé suite au réseautage effectué ici ces dernières semaines. Finir proprement notre activité en France et se débarrasser de tous nos biens, voilà la raison pour laquelle je dois rentrer. Mon coeur restera au Québec, c’est sûr. Une dernière tournée pour voir les gens auxquels nous tenons … ce sera probablement la dernière fois pour certaines d’entre elles que nous les serrerons dans nos bras. La famille, les amis, les collègues, nous aurons uniquement quelques semaines pour en profiter, donc profitons.

6 mois c’est court pour faire tout ce qu’il y a à faire dans une nouvelle ville, une nouvelle vie. Beaucoup de voyages, beaucoup de rencontres, beaucoup de souvenirs. L’hiver n’a pas été si dur à passer (mais il n’est pas encore fini) et il suffit de bien s’organiser. Beaucoup de choses à refaire avec la tribu, tant à leur faire découvrir, tant à découvrir ensemble. Un pays presque de la surface de l’Europe, ça laisse songeur sur le temps qu’il faut pour le visiter en entier. Le défi de l’intégration, le travail, la scolarisation des enfants, refaire totalement notre vie, durant ces 6 mois j’ai pu poser quelques pierres à l’édifice, mais le travail est loin d’être achevé. Repartir quelques mois me laisse un goût d’inachevé et l’envie encore plus grande de revenir le plus rapidement possible.

La maison que nous avons retapé à notre goût, en pensant que nous vivrons toute notre vie à l’intérieur. Nos cabinets dans lesquels nous avons passé de longues heures à nous occuper de patients qui ne jurent que par nous. Il va falloir se séparer de tout sans regrets, sans remords. La vie tourne, la vie défile à mille à l’heure, pas de le temps de se retourner vers le passé pour recompter les pour et les contre. Presque 3 ans que nous nous organisons pour le grand saut… va falloir le faire maintenant, les doutes peuvent exister, mais il va falloir les balayer avec le revers de la main et foncer !

Une révérence et nous partirons vers notre nouvelle vie.

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