Vacances de Noël – retour en France

Nous n’avons qu’une Vie et vivre sur des regrets… très peu pour nous !

Oui ça coûte cher, oui nous pourrions faire plus attention à cette argent (en nous organisant plus en amont en plus) mais nous ne savons de quoi sera fait demain. Nous pouvons le faire, donc faisons le.
Une chose qui ne s’achète pas, c’est le temps. Donc nous essayons, malgré nos décisions de Vie, de ne pas perdre de précieux moments avec nos proches.

Je suis dans une phase de transition professionnelle. Remplacement ou congés longue durée, ainsi j’ai le luxe de pouvoir moduler mon agenda comme il me plait en m’octroyant autant de congés que je le désire. Ainsi en automne nous avons décidé de retourner en France pour les Fêtes.
Le planning de la Patronne étant beaucoup moins flexible, nous organiserons un voyage en France en deux étapes : moi avec les Enfants une semaine avant les Vacances scolaires puis la Patronne 5 jours après. Ça nous permettra avec les Enfants de profiter de Paris en visitant les plus grands sites touristiques.
En effet lorsque nous habitons à côté, nous ne visitons pas. Trop facile d’accès peut être.

Ainsi après avoir repris contact avec la morosité parisienne et le légendaire accueil de ces habitants, nous embarquerons donc dans un périple touristique des plus grands oeuvres française. Les Champs-Élysées, l’Arc de Triomphe, le musée du Louvre, le château de Versailles. Et même pas trop de Gilets Jaunes 😉 .

Ensuite après l’atterrissage de la Patronne, nous ferons notre boucle familiale, en laissant de côté la boucle de nos Amis pour cette fois-ci… priorité à la Famille.

Avant de repartir, nous offrirons une journée aux Enfants dans le parc de Mickey. Une journée à 2°C, pourtant j’ai eu plus froid ce jour là que quand nous skions à -25° !

Retour ensuite à la maison pour la suite de notre aventure.

R.

 

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Notre vie à travers des lunettes roses

https://lepetitjournal.com/expat-pratique/famille/expatriation-le-revers-de-la-medaille-ne-pas-sous-estimer-158213

Non la vie n’est pas parfaite,
Non l’herbe n’est pas plus verte,
Non les problèmes ne disparaissent pas avec l’immigration,
Non tout n’est pas rose !

Faire attention aux réseaux sociaux : les blogs comme celui-ci racontent toujours une partie édulcorée de la vie à l’étranger, la vie avec un filtre « lunettes roses ». Les petits tracas quotidiens sont gommés, pourtant ils existent, les coup de blues aussi… plus nombreux qu’ils ne sont publiés.

Et oui, l’auto-persuasion, la volonté de répandre une belle image pour aider les lecteurs  à garder le moral (lorsque l’on était soi même au fond du trou en France il y a quelques années), l’obligation à réussir ce projet de vie qui n’est pas soutenu par tout notre entourage. Tout tend à montrer uniquement le bon revers de la médaille.

Or une immigration n’est pas forcément un concours de vies.
Ce n’est pas un moyen de comparer deux systèmes sociaux différents.
Non non, archi non !
Sinon la vie devient triste, les regrets persistent et pourrissent le quotidien.

L’immigration est plus une métamorphose, un changement profond de fonctionnement de vie. On y parvient…ou pas. Il faut laisser l’amertume s’estomper au fur et à mesure et prendre goût au quotidien de notre nouvelle vie tel qu’il est :  avec ses qualités et ses défauts. Ceux qui n’y parviennent pas ne doivent pas voir cela comme un échec, c’est juste que cette vie n’est pas faite pour eux. Certains arrivent à travailler de nuit, d’autres non, cela ne n’impose pas à ces derniers des échecs professionnels.

Cette étape de mutation est plus ou moins longue et surtout avance au rythme de chez chacun d’entre nous. Ainsi cette transition est différente entre la Patronne et Moi. Les six mois d’avance sur mon immigration, les expériences plus ou moins heureuses au niveau professionnel, chacun à son rythme…

Enfin bon, pour ne pas déroger à la règle, je ne pourrai pas m’empêcher de publier une photo carte postale… c’est bon pour le moral de tous 😉

R.

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Back in time

Plus d’un mois que nous n’avons pas publié de billet. La vie tourne à cent mille à l’heure et avoir à gérer nos double-vies de chaque côté de l’océan nous a pris énormément d’énergie.

La maison en France est vendue, nos cabinets dentaires sont vendus, plus rien ne nous appartient en France. Juste des souvenirs et nos familles/amis.

Changer de rythme, changer de repère, changer des habitudes, sortir de la zone de confort, changer tout simplement de quotidien reste un défi de tous les jours.

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Les enfants ont eu leur quinze jours de vacances après avoir fait un démarrage dans un nouveau système scolaire de presque 4 mois sans pause. Étrangement, ils tiennent bien la cadence et ne semblaient pas sur les rotules arrivés dans les dernières semaines de classe. Les tranches horaires sont spéciales car ils suivent un enseignement trilingue et ont donc des heures supplémentaires par rapport au programme régulier. École de 8h30 à 16h00 pendant 5 jours, avec en plus des clubs en fin de journée ou sur la pause de midi pour combler un maximum leur retard dans les langues.

20171215_164353.jpgAu bout de 4 mois, le Grand qui est en 3ème année (CE2) rattrape son retard en espagnol à l’oral et à l’écrit (vs ses camarades qui en font depuis au moins 3 ans). Les débuts en anglais sont plus difficiles, nous ne pratiquons absolument pas l’anglais à la maison ainsi à l’oral il est un peu timide mais commence à comprendre la totalité de ce qu’il lui est dit.
Le Second se balade et est à l’aise dans toutes les matières, il est vrai qu’il a des facilités d’apprentissage et qu’il commence sans retard par rapport à ses camarades.
La Benjamine en préscolaire 3 ans parle un peu espagnol et anglais. De vrais éponges à cet âge. Le plus drôle est de les entendre parler espagnol entre eux lorsqu’ils jouent ensemble à la maison.
Les trois ont leurs bandes d’Amis, il ne leur aura fallu que quelques semaines pour se faire leur nid. Les Enfants restent un des meilleurs boosts d’intégration sociale.

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La Neige s’est invitée en belle quantité à la mi-décembre pour le plus grand bonheur des Enfants (et le plus grand malheur de notre Minette !). Ils passent leur récréation à se construire des fort de neige dans la cour d’école. Ils ont bien intégré le fait de mettre les couches successives et tous les accessoires  afin de couvrir le moindre centimètre carré de leur peau. Jouer dehors reste possible mais rien ne doit être laissé au hasard des courants d’air.

La vie de tous les jours restent rythmée par le travail et les Enfants. Qu’il neige ou pas, les trajets en voiture, les courses, les devoirs, rien ne s’arrête à cause d’une petite bordée de 25cm de neige. Il faut avouer que d’avoir des places de garage et des démarreurs à distance permet de mieux vivre l’Hiver. Après la conduite sur Neige s’apprend : ne pas piler comme un con, le regard loin devant et pas de virages brusques, ça devrait bien se passer.

Screenshot_20171227-135517.pngDurant la fin décembre il y a eu des températures glaciales durant plusieurs jours. Un froid qui touche tout l’Est du continent américain, les infos en parlent de Québec à la France en passant par New-York. Cela impressionne beaucoup de voir -35°C ou -42°C sur les thermomètres mais en toute sincérité cela reste vivable, le tout est d’être couvert en conséquence en cas de balade prolongée en extérieur. -15°C ou -35°C c’est kif-kif, tu gèles sur place si tu n’as pas tes mitaines (gants) et ta tuque (bonnet).

Les maisons, les supermarchés, les voitures, tout est chauffé à 24°C donc il est possible de passer la journée au chaud en traversant la barrière des températures négatives que quelques secondes tout au plus.

 

 

Pour les fêtes de fin d’année, nous avons entamé un aller/retour éclair en France. Ce voyage n’était pas prévu initialement dans le programme mais la maladie de mon Papa nous à pousser à casser la cagnotte, afin de ne pas regretter, au cas où.

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C’est parti pour un périple de 9 jours, avec plus de 1200km à faire et une moyenne de 3 heures pour chaque personne que nous croiserons sur le vieux Continent. Bien entendu, nous passerons plus de temps avec nos Parents. Cela restera un marathon et des vacances épuisantes. Durant tout notre voyage nous aurons la brillante idée de presque rester à l’heure québécoise, ainsi les Enfants seront couchés entre minuit et une heure du matin, ils profiteront des fêtes au maximum et encaisseront moins le décalage horaire du retour. Le temps file et ne fait pas de pause, il faut rentrer. Bye-bye la France.
Un bon coup de Blues au retour, surtout pour la Patronne. Pas facile de laisser les proches qui grandissent et qui vieillissent de leur côté.

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À notre retour, plus de 70cm de poudreuse nous attend dans le jardin. Cela devient une réelle expédition polaire pour aller en bas du jardin au bord de la rivière et remonter à la maison. La luge est de sortie et nous entamons le début de la création de la piste de glissade de la mort.
Nous inviterons nos voisins digne de Desperate Housewives à venir partager la galette des rois pour l’Épiphanie, une tradition peu connue ici. Un franc succès. Une agréable après-midi avec des personnes bienveillantes.
Les vacances se terminent doucement, 2018 nous voilà !

R.

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Life’s a bitc*

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Depuis plusieurs semaines j’ai repris d’écrire régulièrement sur le blog afin de combler le retard accumulé ces derniers mois. Retard pris à cause des enchaînements de modification de nos habitudes, le temps de prendre le rythme, de vivre notre vie.
Mais parfois  tout simplement le coeur n’y est pas.
Besoin de faire un break et surtout des choses de la vie plus importantes à nos yeux reprennent naturellement leur place.

Dans l’immigration, les choses les plus difficiles à vivre sont l’éloignement de la famille, la maladie et ne pas être avec les proches qui vieillissent. Ce sont les points que nous ne pouvons pas maîtriser.
Nous avions mis de côté ces points en nous centralisant sur notre famille, je parle au sens restreint du terme, c’est à dire nous cinq. Il faut parfois dans la vie faire des choix, mettre tout dans la balance et se rendre compte que la balance  ne penche ni d’un côté ni de l’autre, prenons une décision et assumons la.

À peine un mois après mon retour dans notre nouvelle vie, un événement viendra tout chambouler, donner un coup d’arrêt à l’engouement excessif que nous avions dans cette aventure, l’aventure de notre vie. Nous étions conscients que peut être nous ne reverrions jamais certains proches, la vie est faite ainsi : impossible de prévoir à l’avance et ne nous empêchons pas de vivre dans la peur de voir le monde vieillir autour de nous.
Cependant quatre jours avant l’arrivée de la Patronne et des Enfants, nous apprenons que mon père est atteint d’un cancer. Grosse estocade, nous nous retrouvons un genou à terre et encaissons la nouvelle. Les semaines suivantes ont été très difficiles pour toute la famille, ma mère, mes frères et ma soeur, la Patronne, moi…
Les distances sont difficiles à assumer dans ces moments là, mais bon « c’est la vie »… « life’s a bitch » ouais !
La magie d’internet et de Whatsapp permettent de suivre de près l’avancée des résultats, participer à la nouvelle organisation qui se fait autour de papa. Nous nous soutenons, nous échangeons, nous participons comme nous le pouvons.

Mon père a été une des personnes à toujours nous avoir soutenu dans ce projet. « Faites le ! Vous avez raison à 100% ».
Mon père est arrivé en France à l’âge de 18 ans avec un petit sac à dos et 50 Francs en poche, seul, réfugié politique qui fuit les horreurs de son pays, qui fuit pour ne pas mourir.
Mon père est une des raisons pour laquelle j’ai toujours voulu tenter l’immigration : « Suis-je capable de le faire moi également ? » Pas dans les mêmes conditions, pas pour les mêmes raisons, il en convient, mais nous sommes des voyageurs de générations en générations et c’est inscrit dans mes gènes, ça coule dans mes veines.
Mon père est un exemple d’intégration dans un pays et une culture si différente de la sienne. Pas dans son accent qu’il aura toute sa vie, pas dans sa façon de vivre, mais dans le fait que nous, ses enfants, en soyons là où nous sommes aujourd’hui. Fier de nous, fier de notre parcours, fier de notre nom.

Les résultats tombent et un traitement est possible. Gros soulagement. Rien n’est gagné, ni acquis mais une lueur est visible au bout du long tunnel, le tout est de conserver la petite bougie qui nous sert à éclairer ce long et périlleux chemin. Gardons espoir.

R.