Une pensée pour ceux qui galèrent…

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La folie de la vie de l ‘autre côté du terrier d’Alice au pays des merveilles font oublier le début.
Une fois le miroir traversé, nous allons de l ‘avant et regardons moins les barrières franchies en arrière. Cependant nous essayons de rester au courant (de loin) des nouveautés dans les démarches migratoires.

Début février, coup de tonnerre sur les blogs d’immigration canadienne et aux infos canadiennes, le gouvernement élu il y a quelques mois veut supprimer 18 000 dossiers CSQ en cours depuis des années, laissés par le précédent gouvernement…

Oui ce sont les mêmes dossiers pour lesquels nous avions passés des nuits blanches à remplir sur le site Monprojetquebec, à cliquer comme des cons sur la souris de notre ordinateur pour se retrouver 57 000ème dans la file d’attente alors qu’ils n’en prenaient que 5 000. Nous aurions tout donner pour faire partie de ces 18 000 dossiers… nous en avons pleuré de rage et de désespoir… La poignet d’élus ont vu leurs rêves partir en fumée ce début février.
Une simple décision politique peut briser des milliers de familles, des milliers de projets.

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Toutes nos pensées se tournent bien évidemment vers 2 familles de nos Gladiateurs. Réel coup de poing dans l’estomac, il faudra du temps pour se relever de cette nouvelle et surtout refaire le ménage dans ces idées…

Combien de familles parmi ces 18 000 demandes vont passer à autre chose, baisser les bras face à cette nouvelle épreuve qui leur sont infligée injustement ?

Le pire dans tout cela, c’est que le gouvernement veut plus d’immigrants francophones, ils aiment les gens diplômés, ils viennent faire la danse du ventre avec le Président Français. Les québécois sont totalement ignorants sur les difficultés que nous avons à venir travailler chez eux. « Des gens qui travaillent comme vous, nous en voulons plus » me suis-je fait laissé dire.

Mais la réponse à cette situation ubuesque est révélée quelques jours plus tard. Sur les 18 000 dossiers qui seront effacés, la majorité provient de l’Afrique et de l’Asie. Le nouveau gouvernement semble donc simplement faire du ménage en partie à cause de la provenance des dossiers. Le profilage ou le racisme n’est absolument pas toléré ici. Donc la solution qu’ils ont trouvé pour tenir leur engagement niveau immigration est de repartir sur des bases neuves… quitte à avoir des « dommages collatéraux »… mais j’espère me tromper sur les raisons de cette terrible décision.

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Les Amis nous pensons à vous et vous savez que nous sommes là pour filer un coup de main. Les plans B, ça nous connait, nous en avons mis en place plusieurs dans notre cercle d’amis, donc nous mettrons à profit nos connaissances pour vous aider.

Nous ne lâcherons pas si facilement, nous sommes des Gladiateurs.

R.

First Step Done !!

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Et Biiim !

CSQ en poche ! Non, vous ne rêvez pas (et nous non plus d’ailleurs), nous avons bien reçu nos Certificats de Sélection du Québec ! Champagne !
Rétrospective de cette étape : la demande a été envoyé le 12 septembre, nous avons reçu un accusé de réception daté 19 septembre (comme quoi notre dossier avait bien été reçu et qu’il serait traité dans les meilleurs délai) puis le 10 octobre nous avons eu dans la boite aux lettres nos CSQ pour chacun des membres de la famille. Ils sont datés du 3 octobre. Donc sans les délais postaux, le dossier a été analysé, validé et imprimé en 15 jours.

Vive le Programme Expérience Québécoise !

Maintenant nous plongeons dans la seconde étape, tout aussi difficile, la demande fédérale.

R.

J+6 Prise de repères

Voilà moins de 6 jours que je suis arrivé sur le territoire québécois. J’ai l’impression que cela fait des semaines tellement les journées sont chargées et remplies !

La dernière fois, j’avais écrit d’un Starbuck juste avant de prendre possession de mon auto (ne plus dire voiture) pour prendre la direction de Gatineau.
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Petite note à moi même : ne pas utiliser l’application Waze pour rouler sur le territoire canadien : beaucoup moins répandu qu’en France, le peu d’utilisateur le rende un peu moins fiable. Il m’a fait prendre la route par l’Ontario. Sympa, une 4 voie de Montréal jusqu’à Ottawa. Moins Sympa, les bouchons du soir à Ottawa ! Du coup j’ai perdu 1h15 dans le centre d’Ottawa avant de parvenir à traverser l’Outaouais et finir ma course au centre dentaire.

Petite visite du centre et de ma salle de soin. 9 salles de soins, 6 dentistes, 30 personnes en tout, un centre à l’américaine ! Rendez-vous pris pour le début de mon stage le lendemain à 9h00 avec découverte du logiciel et des procédures durant une journée. Ensuite jeudi des patients !

Je n’ai toujours pas de logement et prends donc une chambre dans un hôtel proche du centre dentaire… très cosy, nous devons l’admettre 🙂 Dommage je n’aurai pas le temps d’essayer l’espace Spa…

Prise de fonction au centre dentaire : je suis rattaché à une assistante dentaire au fauteuil et une secrétaire qui vérifiera tous mes actes et mes dossiers informatiques (ouf ! je ne suis pas jeté seul dans l’arène)
Le travail est très plaisant et de tourner en équipe est quelque chose que j’ai toujours apprécié : il faut travailler à la québécoise, pas de patron qui dirige et qui impose ses règles, pas de hiérarchie marquée, nous travaillons à la cool et il ne faut pas prendre les autres de haut ou pour des larbins… (j’en connais qui ne pourrait pas s’intégrer à ce moule …si tu m’entends…) et cette façon de procéder, ça me plait !
Attention, le système de santé québécois à de fort travers, un système qui peut donner le meilleur… à condition d’en avoir les moyens ! Ça me fend le coeur de retirer des dents que je pourrai sauver uniquement parce que le traitement serait hors de prix ici… va falloir s’y faire !

La recherche et la signature du bail de location de mon logement aura pris en tout 1h30. Quelques mails, cinq minutes de voiture, une visite et le tour est joué. C’est cela aussi le canada. Ça va vite, il ne faut pas trainer ou réfléchir des lustres : quand c’est correct, c’est correct ! Du coup je trouve un logement en semi-sous-sol, une chambre, laveuse et sécheuse (lave-linge et sèche-linge) et vaisselle/linge de literie et de bain compris !
Rien que mes vêtements et mes aliments à amener. À 25 minutes de marche du centre dentaire. Dans un quartier tranquille, résidentiel. Bonne pioche 🙂

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Je n’ai pas eu le temps encore d’aller à la banque pour ouvrir mon compte, ni de contacter la RAMQ pour m’affilier à leur sécurité sociale. Cela sera fait dans la semaine.

Aujourd’hui, dimanche j’ai été un peu flâner dans les environs. Faire quelques courses (magasiner comme on dit ici). Le Québec, l’endroit où vous trouverez un Mac Do dans le supermarché, l’endroit où il y a un rayon entier pour les accessoires de hockey à côté des ustensiles de cuisine, l’endroit où l’on trouve un magasin rien que pour Halloween (mais que vend-il le reste de l’année ???), l’endroit où on propose une poutine avec un fast-food 🙂

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Je me balade dans les rues, conduis dans la ville, discute avec les vendeurs des magasins. C’est drôle, car il y a une sensation d’être à l’aise dans toutes les situations, comme si nous avions tellement préparé ces instant que malgré le dépaysement, tout est facile et tout se fait simplement… comme un vrai québécois ! Il faut rester conscient que pour l’instant je vis les « noces » de l’expatriation : tout est beau et gentil, d’ici quelques semaines, voir mois, la routine va venir semer le doute dans cette adaptation et il faudra franchir le cap pour s’immiscer totalement dans la société qui nous accueille.

Pour l’instant savourons ce moment délicieux… qui aurait frôlé la perfection si il avait été en compagnie de toute la tribu et ce n’est que partie remise.

R.

La journée des petits papiers

Mon avion décollait ce lundi 05 septembre à 15h30. J’avais prévu relativement large en prenant un billet de train à 10h00 (en 1 heure le train arrivait à Montparnasse) C’était sans compter sur ma poisse habituelle. 45 minutes avant le départ du train je reçois ce mail…

Ouais… on va donc voir un peu à combien est estimé le retard… Arrivé à la gare ils annoncent entre 1h30 et 2h30 de plus que l’heure annoncée !! Cool c’est le temps de sécurité que j’avais pour l’enregistrement…

Ni une ni deux je me fais rembourser et j’appelle mon Ami (le plus ancien de mes amis). Il arrive avec sa voiture (chargée prête à aller à la dechetterie) et m’amène à roissy aerogare 2 en 2h45 !

Merci mon Ami Brice, tu m’as sauvé de cet obstacle français, à charge de revanche !

L’enregistrement et l’embarquement se fait sans encombres. Un petit moment de blues quand même lorsque je mange seul devant la salle d’embarquement. Mes enfants et la Patronne me manquent déjà… allez on se ressaisit et on embarque !

Comme pour me pousser à partir, la météo parisienne est… digne de sa réputation.

La vol reste agréable… sentiment étrange d’avoir oublié quelque chose et de ne pas avoir à s’occuper d’au moins un enfant … en vérité j’ai l’impression d’avoir oublié 4 choses.

L’arrivée à l’aéroport de Montréal se fait dans une grande salle remplie de ruban pour générer une file d’attente à en faire pâlir les plus grands parc d’attractions ! En gros ça zigzague dans tous les sens et l’attente dure plus d’une heure.

L’agent aux frontières est un black qui fait des blagues sur mon nom et avec qui je rigole bien durant les 2 minutes d’entretien pour savoir ce que je viens faire au Canada. Il me dirige vers le bureau de l’immigration situé juste derrière lui afin que je fasse tamponner mon passeport et agrafer mon permis de travail temporaire !

Yes ! Ça se fait dans encombre, l’agent de l’immigration qui est aussi souriante qu’une porte de prison décroche un sourire quand je blague sur l’appellation de dentiste ou chirurgien dentiste qu’elle ne trouve pas dans son ordinateur.

Ensuite une fois ma valise récupérée  (elle attendait sagement sur le tapis roulant immobile… après plus de 2 heures d’attente), je cours prendre le bus 747. Pour 10$ il vous amène dans le centre de Montréal. Je ne connais même pas le nom de mon arrêt ! Le chauffeur semble désabusé !

Mon voisin de bus est un français arrivé depuis 10 jours et il vient de raccompagner sa copine à l’aéroport. Nous discutons pendant le trajet, ça fait passer le temps. Ensuite je trouve mon hôtel, me glisse dans le lit et m’endors après avoir envoyé quelques messages. Trop la flemme de sortir manger. On verra demain.


Hier donc j’ai donc atterri en tant que travailleur temporaire. Et aujourd’hui je vais faire mes démarches administratives. Je commence par le numéro d’assuré social (Nas) ouverture 8h30, sortis du bureau 8h37. Zouh !

Ensuite je file à la banque. Là il y a un hic, je dois avoir une adresse. Bon le compte sera ouvert à Gatineau : au moins ils connaîtront la clinique dentaire !

Ensuite la Ramq (la sécurité sociale quebecoise). Alors pour les étudiants c’est au quatrieme etage, les travailleurs au troisième. Avec ma tête de jeunot, je me fais d’abord diriger vers les étudiants  (la ramq ne prend les étudiants que sur rendez vous). Ensuite je passe donc au troisième et là il y a une file d’attente de 80 personnes… bon j’essaie de tenter ma chance, ça se trouve je n’aurai pas tous les documents demandés. ..

Numéro I522… on est parti pour attendre …15 minutes !! Dingue ! Je m’attendais à attendre au moins une heure. Le monsieur à l’accueil est très sympa. Cependant il ne peut me faire ma demande de carte car je n’ai pas encore d’adresse résidentielle (l’adresse professionnelle ne fonctionne pas avec la ramq) du coup il m’explique tous les documents à récupérer et me donne la marche à suivre pour le faire à distance. Pour les français il faut demander un formulaire (le S-401-Q-207) à la sécu française pour ne pas avoir le délai de carence de 3 mois.

Bon voilà je n’ai pas fini complètement les démarches mais ça doit se faire tranquillement d’ici quelques jours. Il me manque l’essentiel pour avancer : un logement !

R.

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Comme nous le pressentions, le départ sera  précipité. Durant les vacance, ma remplaçante m’a contacté pour me dire qu’elle pouvait commencer à travailler plus tôt. Ni une, ni deux dès le retour en France, nous avons pris des rendez-vous, organisé mon absence prématurée, etc etc.

Quelques jours plus tard, il fallait réserver un billet d’avion, planifier la journée administrative ( NAS, compte en banque, RAMQ, etc) Une voiture sera louée et la première nuit d’hôtel réservée… par contre c’est tout ! Le reste se jouera sur l’improvisation : je suis assez doué pour cela.

Dernier jour avant le grand saut. Je ne réalise pas trop tellement mes derniers jours ont été remplis. De plus les soirées également ont été rentabilisées. Un grand merci aux personnes qui sont venus aux pots, à  la maison ou qui nous ont téléphoné pour nous souhaiter bonne chance. Dernier jour et nous n’avons pas pu voir tout le monde. Dernier jour, dernier patient de l’année au cabinet, dernier au revoir à mes assistantes et ma secrétaire. Dernier au revoir à mes associés adorés. Dernier trajet retour en voiture du boulot.
Beaucoup de dernier, mais je ne réalise toujours pas.

Aujourd’hui nous allons profiter à fond de ce dernier dimanche en famille. Ensuite demain la semaine marathon commencera pour nous.

R.

Résumé de ces derniers mois

Message que j’ai publié sur un forum dimanche matin pour résumer notre aventure.

R.

« Dimanche 21 août 2016, 5h12, dernier jour de vacances. Ce matin j’ai mis le réveil à 5h30 pour essayer doucement de nous recaler à l’heure de Paris, mais en fait je n’arrivais déjà plus à dormir depuis 4h00. Nous décollons ce soir après avoir passé près de trois semaines au Québec.  Dernier jour de vacances, mais premier jour du reste de notre vie.

Le soleil se lèvera à 6h04 , ça tombe plutôt bien car nous n’avions pas profité encore de son lever depuis cette 80ème longitude. Les grillons terminent leurs sérénades nocturnes et iront se mettre à l’abri de la chaleur ou de la pluie, ils ne le savent pas encore. Un sentiment triple se mêle actuellement dans notre esprit : un peu de nostalgie, un peu d’anxiété et beaucoup d’excitation. Ce soir nous rentrons en France, mais nous partons à jamais changé : nous savons que le compte à rebours pour notre immigration sera lancé et nous n’aurons « plus » que dix mois pour préparer notre grand saut dans le vide.

Rien n’a été facile. Tout s’est mérité. Notre dossier a été monté depuis l’automne 2014, cette décision de tenter l’aventure  a été prise en été 2014. Les raisons sont multiples et personnelles, ce sont nos raisons. Chaque projet est aussi différent qu’il existe d’expériences de vie sur ce forum, donc pourquoi vouloir convaincre les autres alors qu’ils n’ont pas vécu, ne vivent pas et ne vivront peut-être pas ce que nous rencontrons dans la vie.

Tout d’abord beaucoup de recherches, des soirées entières à lire chacun de notre côté des kilomètres de blogs, de forums, de sites, d’expériences tous plus différents les uns que les autres, mais si proches pourtant. Je tenais à remercier tous les contributeurs de la toile, bloggers et forumistes car les premiers balbutiements d’un tel projet débute toujours dans l’ombre. Bien malin celui qui peut prétendre de ne pas avoir rechercher sur google et lu la moitié de la toile avant d’apporter sa contribution. Des dizaines, des centaines, des milliers de personnes lisent ces lignes, ces commentaires en silence. Amis forumistes, ne l’oubliez pas lorsque vous cliquez sur le bouton « envoyer » de votre réponse acerbe.

Après de longs mois d’attente (plus de douze) à guetter le site du MIDI, nous apprenons enfin en octobre 2015 que les quotas de réception des dossiers CSQ par l’immigration québécoise seront ouverts pour quelques 3500 dossiers. Nous ferons partis de ces dossiers reçus. Nous aurons réussi à être réceptionné dans les trois premiers jours. Mais hélas, notre dossier a tellement été préparé à l’avance que notre numéro de carte de paiement a changé sans que nous nous en soyons rendu compte. Première estocade, le dossier sera refusé pour non-paiement et renvoyé.

Les coups suivants s’annoncent ardus. Uniquement par le biais de leur site MonProjetQuébec. Lorsque nous voyons la vitesse à laquelle les dossiers papiers sont arrivés, nous angoisserons un peu sur la mise en place d’un tel système. Et effectivement les débuts plus que laborieux du site, les reports successifs dû à la trop forte affluence ont laissé présager un rude bataille pour les jours de soumission informatique. Pour cette année 2016-2017, il y aura eu deux sessions de 5000 places. Nous y étions, comme beaucoup d’entre vous, et nous échouerons à deux reprises. Comme le dit Celine Gov, nous sommes des gladiateurs et nous ne gagnons pas chaque fois. Le plus gros avantage de ce système de loterie géante est de tester la motivation à vouloir partir. Beaucoup de personnes abandonneront leur projet ou changeront de destinations. Pour nous, ça aura eu l’avantage de faire fonctionner notre imagination. En effet avant même que la première  session ne se déroule (en juin 2016), nous avions commencé à réfléchir à une solution de secours, le fameux plan B. Il mettra plusieurs mois avant de mûrir et surtout nous mesurons les gros inconvénients qu’il va engendrer. Un plan B permet d’arriver à son  but, tout en empruntant un chemin plus sinueux. La motivation est là pour palier à cette difficulté supplémentaire. Les plans B, il en existe des tonnes, adaptés à chaque situation, à chaque personne, le tout étant de trouver les ressources nécessaires pour en mettre un en place. Cette solution demande également de reprendre le chemin de la curiosité et de retourner faire de longues recherches afin de se parer au mieux à son organisation… retour à la case départ en somme.

Dans notre cas, nous avons la chance de faire partie des métiers de la santé avec une reconnaissance des diplômes France/Québec. Nous pencherons donc vers une recherche de stage d’équivalence (6mois) pour l’un de nous deux. Le stagiaire partira faire son stage de six mois et rejoindra la famille restée en France en attendant l’émission du diplôme par l’Ordre. A l’origine nous voulions aller vivre dans la ville de Québec, plus calme et plus famille que Montréal. Dans notre malheur administratif, nous aurons eu une chance de vie. Avec une chance incroyable, j’arrive à dégoter un stage à Gatineau. Le maitre de stage est prêt à m’attendre le temps des démarches auprès des services de l’immigration. Depuis  le mois de mai, nous nous sommes lancés dans ses démarches… grand bien nous a pris ! Nous n’osons pas imaginer dans quel état d’esprit nous serions après la déconvenue des soumissions de juin et plus récemment d’août si nous n’avions pas eu cette carte dans notre manche.

Nous apprendrons un peu tard que le permis de travail temporaire que j’obtiens pour ce stage nous aurait permis de partir en famille et de donner par la même occasion un permis de travail ouvert à Madame. Cela nous aurait évité d’être séparé pendant six mois, mais nous essayons de voir le positif : cela nous permettra de nous organiser tranquillement (revendre tous nos biens en France) et surtout d’effectuer une période de test sans embarquer les enfants dedans. En cas de déconvenue, je pourrai rentrer au bercail rapidement et sans contrainte car je n’aurai que ma valise et moi-même à rentrer.

Nous nous organisons donc pour déplacer notre vie vers Gatineau et cela reste selon nous une chance énorme. Sans les différents échecs, jamais nous n’aurions regardé vers cette ville. Après plusieurs recherches et un tour sur place, nous mesurons notre chance d’y aller poser nos bagages dans un futur proche. Le hasard de la  vie nous a poussé par là bas, nous y tenterons notre chance très certainement l’été prochain.

Tout cela pour dire que les difficultés et les échecs peuvent se transformer en force. La chance ne tombe pas sur nous, elle se provoque. Si vraiment vous avez des rêves, pousser les murs, abattez les montagnes, rebondissez plus haut encore, rien n’est impossible.

 

Demain est le premier jour du reste de notre nouvelle vie, car nous rentrons en France pour que nous organisions les derniers détails avant mon stage début septembre et pour que Madame commence à organiser notre prochain départ estival. »

 

La vie à la québécoise

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Une semaine que nous avons mis le pied dans la belle province. Nous sommes arrivés mardi 02 août à 14h30. Nos hôtes sont venus nous chercher avec la Dodge de leurs voisins (petit véhicule nord-américain) et  nous avons passé 3 jours ensembles (à 10 dans la maison).

3 jours pour se remettre  du décalage horaire et prendre doucement nos marques dans notre chez-nous d’intérim. Nous restons conscients que la demeure dans laquelle nous séjournons n’est pas complètement représentative des maisons ici (prononcé « icitte » pour faire réellement québécois) : nous vivons dans un palace !
Ponton avec accès privé au lac, bateau pour ski nautique, pédalo,  4 terrasses etc.

wp-1470748867512.jpgVue  de la première terrasse
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Vue de la troisième terrasse
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Vue du ponton
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Pour l’instant nous sommes chanceux, le temps est au beau-fixe. Les enfants sont aux anges, pédalo et pêche, je pense que nous avons fini de les convaincre de venir reconstruire notre vie icitte.  Le meilleur a été le moment où Luc (le patriarche) a proposé de faire de la bouée accrochée au bateau ! L’aîné avait une coiffure digne d’un défilé de Jean-Paul Gaultier.

Les premières courses ont été assez longues, car nous perdons 70% de nos repères et en plus nous flânons pour regarder le moindre article. Les quantités paraissent énormes et nous comprenons pourquoi les frigos ici sont gigantesques !
La conduite automobile est déroutante également : pas de rond-points, quelques feux (situés APRÈS l’intersection), du « tourne-à-droite » au feu, des STOP (icitte appelé ARRÊT) un peu partout (la règle dit premier arrivé, premier passé),  pas de priorité à droite… et de la courtoisie au volant : ça change de Paris !

Lundi, nous avons été à Montréal. Plusieurs rendez-vous s’enchaînaient. D’abord avec un avocat spécialisé dans l’immigration. Quelques bouchons plus tard pour entrer à Montréal  (sans Waze, c’est moins évident pour trouver le chemin le plus rapide), nous prenons un stationnement payant/privé : 17$ pour la journée,  au moins nous serons tranquilles pour la voiture.
Nous discuterons une heure avec l’avocat pour faire le bilan de notre situation et là nous comprenons quelque chose d’énorme : le permis de travail temporaire que j’ai obtenu avec  le programme de mobilité internationale jeune travailleur nous permettrait de partir en famille au Québec et de donner à la Patronne un permis de travail ouvert. En effet, lorsqu’un permis de travail temporaire de plus de 6 mois est délivré, le conjoint peut prétendre à un permis de travail ouvert !
C’est cool ! En gros nous pouvons déménager  au Québec entre maintenant et quand nous le voudrons, car nous pourrons déposer une DCSQ dès septembre (tout en tentant d’avoir une place pour l’ouverture des quotas, le 16 août prochain). Un gros poids vient de disparaître : nous n’avons plus d’incertitudes sur la possibilité de partir et donc nous pouvons nous organiser pour un départ sans spéculer sur une éventuelle autorisation du ministère de l’immigration ou sur un probable retard dans les démarches. Nous aurons 24 mois pour venir avec mon PTT et ensuite nous aurons probablement la résidence permanente, donc nous partirons quand nous le souhaiterons. Il ne nous  reste qu’à régler nos affaires en France et nous partirons probablement dans la foulée.

Nous partirons lorsque nous le voudrons : Pas d’urgences ! Pas de précipitations ! Pas de cabinet dentaire bradé car nous serons au pied du mur ! Nous partirons lorsque les meilleurs conditions seront réunies ! Et cela il va falloir que certaines personnes de notre entourage se mettent cette idée dans la tête : nous ne sommes pas des marchands de tapis et nos biens ne seront pas bradés :p

Le second rendez-vous était avec l’Ordre des Dentistes du Québec : une réunion informelle pour expliquer le déroulement du stage et remplir un peu de paperasserie. La responsable est une personne très sympathique et souriante… comme tous les québécois !

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Ensuite nous nous sommes promenés dans les rues de Montréal avec les enfants qui ont marché un marathon ! Le final de la journée a été un tour en amphibus : petite balade dans le vieux Montréal pour finir dans le port et voir la partie verso de Montréal vue du Saint-Laurent. Les enfants et les parents ont adorés.

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Mardi a été également une grosse journée car c’était l’anniversaire du second : 5 ans ! Nous avons passé une grosse partie de la journée dans un parc aquatique, avec gonflables, mini-ferme et piquenique. Et pour finir un restaurant exceptionnel : un resto à poutine ! Miam ! Quoi de mieux qu’un plat à 1600kCal en plein mois d’août avec des journées à 30°C ?

Nous vivons notre vie ici au jour le jour. Une vie à la québécoise.

R.