Les 5 Commandements du Dentiste Français au Québec.

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Cet article décrit nos ressentis ici, notre vision de la profession de médecin dentiste ici au Québec (oui car ici les études sont appelées études de médecine dentaire). Ainsi des confrères pourraient avoir une vision totalement différentes en fonction des expériences vécues (ici ou là bas)

Tout d’abord en préambule, il faut avoir en tête que nous sommes deux cultures différentes, avec des formations différentes, une politique de remboursement social différente. Nous parlons la même langue mais les Québecois sont des américains qui parlent français et non des Français qui vivent en Amérique. La règle du « politiquement-correct » est donc de rigueur.

Il n’existe pas de fossé que ce soit au niveau technique ou au niveau matériel. Il existe de très beaux cabinets, des très bien gérés et des vieux avec du matériel des années 80 ou du « cheap » avec du matériel provenant quasiment de Ebay… un peu comme en France. Cependant la plus grosse différence matériel qui saute au yeux est que le fauteuil est rarement la priorité du cabinet, ainsi la majorité des postes pour les collabs (dentiste à pourcentage) seront dotés d’un magnifique fauteuil qui dépasse presque nos âges. Même certains dentistes propriétaires ont de beaux fauteuils du siècle dernier.

Ainsi pour nous il existe cinq grandes règles à suivre pour se lancer au mieux dans l’aventure nord-américaine et personne ne t’attend, tu devras faire tes preuves pour obtenir ton nom : les DU, les formations, les beaux diplômes français ici ne valent pas grand chose.
Tes grandes années d’expériences, la belle gestion de ta clinique, cela ne te donnera pas de passe droit pour sauter les échelons de ton ascension sociale ici. Tu commenceras comme tout le monde en bas et tu monteras plus ou moins vite en fonction de cette expérience acquise durant ces dernières années. Donc même si tu repars de zéro, tu auras toujours la possibilité de monter aussi haut que tu le souhaiteras avec le temps.

1/ Le patient est roi mais toi tu restes le patron.

Le patient qui veut imposer son plan de traitement, il va falloir s’y faire. Il paye donc  il a le droit de choisir. Très différent de la mentalité française qui laisse libre choix au dentiste de décider (si le patient n’est pas d’accord, il peut aller voir ailleurs), ici l’approche reste très différente. Il sera très mal vu de dire au patient d’aller se faire voir chez les Grecs si il est pas content. Il faut donc savoir user de beaucoup de diplomatie et d’explications pour essayer de faire choisir la meilleure solution pour le patient à nos yeux.
Ici le patient (ou son assurance) paye donc le prix d’une endo à 1000$ ou l’extraction à 114$ feront une différence pour le choix du plan de traitement. Il faut donc laisser le choix au patient avec un consentement total et éclairé sur les différentes solutions et le prix qui en découlera.

Cependant tu restes le dentiste qui a une valeur sociale très élevée. Le patient n’osera en règle général donc jamais te contredire, te poser des questions directement (ils passeront par l’assistante ou l’hygiéniste) ou bien te demander de reexpliquer. Tu devras ainsi lire le langage corporel et t’assurer de la validation du patient pour un plan de traitement si une minuscule réticence apparait.
De plus un patient insatisfait ne te le dira presque jamais directement, il te dira au revoir avec une grand sourire et ne se gênera pas de te faire part de son mécontentement aux secrétaires, à la boite à avis ou bien via les avis google sans jamais faire de vagues.

Ton plus grand allié pour éviter cela est ton équipe : l’assistance, la secrétaire, l’hygiéniste sauront  te guider et poser les questions si le patient ne semble  pas ravi à 100%.

2/ Ne fais pas le cowboys, ici tu ne tentes pas sans être sûr(e)!

À moins d’être sûr à 95% de la réussite de ton traitement, tu n’essaies pas de le faire à moins d’avoir prévenu le patient du risque d’échec. Ainsi les traitements endo non complets, la chir un peu acrobatique, le composite sans paroi rétentive, ça se fait mais il faut avoir proposé au patient avant de voir un spécialiste, donné des prix pour les autres solutions et fait signer un consentement comme quoi la situation présente un gros risque d’échec.

Si tu t’engages dans un traitement qui se met à tourner au vinaigre, tu temporises, tu proposes d’envoyer au spécialiste et tu fais signer un consentement au patient si il désire tout de même de finir le traitement sans garanti de résultat.

La clef ici est de connaitre ses limites et de toujours proposer de voir le spécialistes (il existent ici des spécialistes pour toutes les disciplines dentaires). Si le patient souhaite tenter quand même avec toi (coiffage direct en cas d’effraction pulpaire, instrument cassé lors d’une endo, CBS lors d’une chir), il devra signer un consentement. Les modèles sont disponibles dans toutes les cliniques et il est bien stipulé que le patient a eu le choix de son traitement et aussi le choix de voir un spécialiste pour son traitement.

Avec cela, tu te pares pour le troisième commandement.

3/ L’Ordre n’est pas ton ami , il ne t’aidera pas en cas d’erreur, bien au contraire.

Contrairement à la France qui a un Ordre très paternaliste et qui favorise la conciliation lors d’une procédure praticien/patient, ici l’Ordre est un vrai protecteur de la population. Son rôle est de se mettre du côté du patient pour vérifier que le dentiste est un bon dentiste et qu’il ne fait pas prendre de risque au patient de manière inconsidérée. Ainsi les radios/photos intraorales sont quasiment obligatoires en préopératoire pour pouvoir se justifier dans la mise en place d’un plan de traitement. L’Ordre peut les demander pour vérifier la prise de risque du dentiste. Il faut savoir qu’en cas de litige, c’est un jury de spécialistes de la discipline qui jugera le travail du dentiste. Ainsi autant dire qu’on ne se lancera pas dans le traitement hyper risqué que seul un spé peut faire car après si il y a un souci va falloir se justifier devant des spécialistes.

Le consentement signé reste la clef de voute pour pouvoir prouver que le patient était conscient et coopératif à la prise de décision du plan de traitement.

4/ Take your time.

Tu n’impressionneras pas réellement les autres ici  en faisant ton composite 3 faces en 20 minutes. Ici la qualité est le critère numéro un et les dentistes propriétaires sont très indulgents sur les dentistes finissant « lents ». C’est sûr que si tu travailles bien et vite, ce sera un gros atout, mais sache que ce n’est pas l’objectif ultime.

Ici tu es payé et tu peux vivre quel que soit le type de travail effectué. De nombreux dentistes ne prennent pas trop de risque en ne vivant que de composites et d’examens d’hygiène. Les tarifs te permettent de pouvoir mettre la digue dans tous les cas (libre à toi ensuite de la mettre ou pas) et d’axer ton travail sur l’art dentaire et non l’abattage industriel que la CPAM impose.

De plus forcément si un acte n’est pas parfait, le patient n’attendra pas le contrôle de l’année prochaine pour revenir et ne se gênera pas pour te demander ton explication sur la durée de vie réduite de ton travail (et si les explications ne lui conviennent pas, pour ensuite te faire un gros sourire et te bâcher auprès des secrétaires ou sur internet, cf commandement 1 )

De toute façon tu vas ralentir le rythme par toi même et apprendre à gérer 3 voir 4 patients en même temps. C’est l’une des raisons aussi pour laquelle tu prends ton temps car c’est très demandant de « switcher » d’un patient à l’autre car tes hygiénistes ont des patients et tu as les tiens. Donc il faut savoir faire la gymnastique entre les salles de soins pour te souvenir ce que tu dois faire, ce que tu as dit et ce que la patient attend de toi.
Les patients ici ne sont pas regardant sur la montre et peuvent attendre 10 minutes assis sur le fauteuil que tu finisses avec un patient avant que tu viennes continuer le soin. Le but de cette organisation est que tu ne fasses que tu travailles de « dentistes » et que tu n’attendes pas qu’un patient soit rentré dans la salle de soin pour reprendre la journée.

5/ REMPLIS TES DOSSIERS CORRECTEMENT.

Que ce soit dossier papier ou informatique, les dossiers ne sont pas modifiables après  les avoir remplis. Aucunes ratures ou ajout avec un astérisque ne sera toléré par l’Ordre en cas de litige.
Tu prends donc du temps pour les remplir, tu le fais correctement, tu y consignes tout (consentements du patient, mises à jour du dossier médicales, les radios, les facturations) tu les signes et tu les classes.

Ce point te permettra de conclure les 4 premiers points des commandements, tu mets la quantité et le type de produit utilisé/injecté, tu poses les diagnostics, les tests, les analyses radio, les références éventuelles, tout doit être justifié et ensuite le protocole complet doit être décrit, jusqu’aux conseils post-op du rendez vous (que ce soit de la chir ou un composite)  et le pronostic du travail fait.

Des contrôles réguliers de l’Ordre permettent de mettre l’accent sur les points faibles de ta façon de remplir les dossiers afin de tendre vers la perfection.

Maintenant petits conseils pour ceux qui cherche un stage :

  • Mets ton CV au goût du jour à la québécoise : pas de photo, pas de situation familiale, pas d’âge, priorité sur l’expérience professionnelle plus que les formations/diplômes. De nombreux sites internet sont dédiés à la rédaction des CV et des lettres de motivation à la québécoise, allez faire des petites recherches.
  • Recherche des annonces de ventes, de collab, etc sur les sites québécois tels que l‘Ordre ou l’ACDQ et tu tartines !!
  • Fais des suivis téléphoniques de tes CVs. Ici le téléphone est privilégié. Les mails sont laissés de côté et oubliés, le top c’est d’appeler et de demander à parler directement au gestionnaire. Ça permet de forcer un peu le contact.
  • Montre ta ganache ! Prends un billet d’avion et ose ! Plus qu’un CV, ici ils engageront une personnalité. Rien de meilleur que de montrer sa motivation et son joli minois pour jouer à l’Opération séduction. Des dernières personnes qui ont eu l’opportunité d’avoir une offre d’embauche, je pense que la majorité est venue déposer  le CV directement à la main du gestionnaire ou du dentiste. Ici ça marche énormément avec le réseautage, si tu n’en as pas et bien tu te montres !
  • Les villes Montréal et de Québec seront à éviter car les trois seules facultés du Québec y résident, la concurrence avec les diplômé québécois y est donc très rude.
    Et il est sûr qu’entre un dossier d’un canadien ou un dossier d’un stagiaire français pour lequel il faut faire des démarches compliqués d’immigration, il n’y a pas photos !
  • L’ADC propose quelques pages pour les dentistes étranger. Allez y poser un oeil.
  • Pour les spécialistes, comme je ne connais pas les démarches (est-ce les mêmes ou bien sont-elles différentes ?) Je vous invite à aller voir directement avec eux sur le site http://www.fdsq.qc.ca/fr/accueil.htm, peut être existe-t-il une démarche qui permet de court circuiter le stage ou BNED… qui sait ?

En espérant ne pas avoir dit trop de conneries et avoir pu aider un maximum d’entre vous.

R.

« et ton stage alors ? »

Petite parenthèse pour les « Dentistes »

Le stage se déroule très bien. Je fais ma place dans la clinique et je prends le pli pour le rythme des journées.
Les différences avec la pratique résident en gros à trois points, mais globalement les actes sont similaires et nous n’avons pas à rougir face à la pratique nord-américaine.
Une dent reste une dent, donc les techniques opératoires sont similaires, voir quasi-identiques.

Première différence : les temps de rendez-vous. Fini les 20-30 ou 40 minutes. Les temps sont doublés, voir triplés par rapport à ma pratique en France. Cela à cause de plusieurs facteurs : les soins étant très chers, la qualité attendue et l’exigence sont un cran au dessus de celles des français (trop habitués du gratuit ou du intégralement remboursé). De plus les prix étant 5 à 8 fois supérieurs à la France, pas besoin de faire de la quantité pour « survivre » dans son cabinet.
L’autre facteur est que tu dois, en plus de tes rendez-vous, effectuer des examens complets, établir des plans de traitement et répondre aux questions des patients vu par l’équipe d’hygiénistes (Oui ,la France est un des derniers pays à interdire la présence d’hygiéniste dentaire dans l’équipe médicale… no comment) Ainsi il n’est pas rare de se faire interrompre (parfois plusieurs fois) pendant un rendez-vous. Donc il faut voir un peu plus large pour pouvoir éviter tous retards.

Deuxième différence : beaucoup de soins conservateurs et d’extractions. Peu d’endo et de prothèses. L’endo et la prothèse représente à peine 10% de l’activité d’une journée standard. Et il n’est pas rare de retirer des dents qui sont « sauvables » avec un traitement canalaire mais que tu dois enlever par manque de moyen financier (entre 500 et 1100$ l’endo).

Troisième différence : la tenue du dossier médical. TOUT doit y figurer. L’Ordre inspecte régulièrement les dossiers de tous les cabinets dentaires. C’est une question de protection juridique et de droit du patient. Pour chaque rendez-vous le dossier doit contenir au minimum : motif du RDV, Questionnaire médical remis à jour, les allergies et les médicaments, les signes cliniques, les tests effectués, les analyses des radiographies éventuelles, le diagnostic, les détails de l’acte effectué (avec les produits utilisés,  les gestes effectués, les éventuelles remarques), le pronostic et les actes à faire le prochain RDV.
En gros pour un petit composite, tu arrives avec 15-20 lignes de description !

Juste avant Noël, j’ai reçu mon cadeau par mail : ma validation pour l’auto-évaluation en pharmacologie ! J’y ai passé de longues heures, à fouiner dans les livres et sur internet pour trouver les références canadiennes, mais ça a été payant. Une seule correction a été demandé !
Cet auto-évaluation consiste à répondre à des questions sur une dizaine de cas clinique.
Adulte diabétique avec un risque oslérien et allergique à la moitié du Vidal qui vient avec une nécrose pulpaire (ah oui, il est phobique et fait de l’asthme aussi donc nécessite une prémédication), ou bien un enfant qui est soigné pour une leucémie qui vient avec une primo-infection herpétique et des lésions l’empêchant de s’alimenter et de boire depuis 2 jours (donc rien per os), un hémophile qui veut se faire retirer les dents de sagesses incluses qui fait de l’épilepsie et de l’anémie etc etc etc
Bien entendu les cas ne sont pas simples et tu replonges dans tes ouvrages de pharmacologie et de pathologies médicales car tu as trop pris l’habitude d’adresser ce type de patients à l’hôpital ! huhuhu !

 

Il y a également une auto-évaluation sur le système de santé québécois qui se remplit en ligne sur le site du conseil de l’ordre en regardant en parallèle des petites vidéos pas très palpitantes… regarder pendant 5 heures une personne assise en train de lire un texte, y’a quand même plus existant dans la vie !

Voilà, amis Dentistes, des questions ?

R.

It’s small world !

Heureux hasard,

Un nouveau stagiaire débarque en décembre au cabinet dentaire : vaste imbroglio administratif, mon maitre de stage a perdu son agreement de maitre de stage et je me vois donc être le dernier stagiaire qu’il encadrera (peut-être de sa carrière !). La porte se  ferme juste derrière moi… un mois de réflexion de plus et bye-bye le stage !

Ce petit nouveau (!) a débarqué à Montréal début novembre, mais finalement rentrera au bercail le temps qu’il obtienne son autorisation de début de stage.
Durant son séjour ici, nous sortons avec quelques personnes du centre dentaire et en fin de soirée, Anthony (oui c’est son petit prénom) me lance

– T’aurais pas un blog ?
– …
– Oui ça doit être toi, tu colles trop avec ce que j’ai lu !

Hahaha, il faut que je retrouve un  de mes rares lecteurs en stage avec moi. Si jamais tu fais un blog Anthony,  ce sera avec plaisir que je mettrai un lien vers ton site 😉

La vie à crédit…

J’ai reçu voilà presque plus de 10 jours ma carte de crédit Mastercard. Facile à activer et à configurer afin de pouvoir l’utiliser facilement.
Il ne nous est pas facile de penser à vivre en crédit, nous avons plus l’habitude de tout payer comptant et aimons (comme de nombreux bons maudits français) ne pas avoir de dettes qui trainent quelque part.

Icitte il faut penser différemment : le marché de l’emploi est très dynamique et un poste à durée indéterminée ne protège pas d’une baisse de salaire (les entreprises ont le droit de diminuer comme  elle le souhaite votre temps de travail hebdomadaire) voir même d’un licenciement rapide (8 semaines de préavis pour un contrat de plus de 10 ans, 2 pour 5 ans avec des indemnités à  raz les pâquerettes !). Un emploi ne garantit pas une bonne situation de perdurer, les banques se servent donc de  l’historique  de crédit afin de déterminer si oui  ou non vous êtes sérieux avec vos comptes et vos dettes. En gros quelque soit votre situation, vous devez être en mesure de tenir vos comptes et régler vos crédits en temps  et en heure.
La carte de crédit  s’utilise  comme toutes cartes (bleues pour les français), dans votre banque vous avez 2 comptes qui apparaissent : votre compte courant et votre compte crédit. Il suffit de payer vos crédits en faisant un virement du compte courant vers le compte de la Mastercard. Assez simple d’utilisation, pour l’instant j’ai un plafond à 1000$ sur mon crédit, donc je paye tout avec (courses, essence, vie courante…)  et rembourse sur le champ… toujours stressé d’avoir des dettes 😉 Mon historique de crédit devrait être bon en payant tout de suite, après il parait que les sociétés qui donnent les cotes de crédit aiment quand on a plusieurs cartes… à voir déjà comment je m’en sors  avec une !

Le travail  se passe bien, je m’en sors de mieux en mieux avec le logiciel et suis relativement efficace grâce au travail quatre mains (mon assistante dit que je suis une machine). Il y a énormément d’enfants qui se font soigner dans la clinique car c’est la seule à avoir le gaz hilarant (NB pour les dentistes : ici on dit gaz et non meopa car la concentration peut varier de 5% à 70% de protoxyde d’azote !). Je suis très à l’aise avec les enfants, donc ça va c’est l’éclate !

Pour l’instant l’été indien n’a pas encore été amorcé dans l’Outaouais, contrairement à beaucoup d’autres régions ici. Donc j’attends comme un gamin que les couleurs changent et se parent en feu. La découverte du parc continue lors des temps libres. Il y a une grotte de marbre, le Lusk. J’y suis descendu au premier tier (elle fait environ 100 mètres de long) mais n’ayant pas de changes (chaussures et pantalon) et avec des passages dans un mètre d’eau j’ai arrêté  ma descente …en plus j’étais seul, donc si il m’arrivait un pépin, c’était la loose ;). J’y retournerai pour la faire en entier !

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la  vallée de l’Outaouais, sentier Champlain.

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Le sentier des loups

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Certaines promenades n’offrent pas de point de vue sur la vallée, « juste » une balade au milieu des bois. Tranquille et confortable.
De là, l’idée d’un jeu vient : le jeu s’appelle « Miam ou Pas-Miam », amis mycologues, faites vous plaisir !

R.

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Visa-Banque et Bilan S+1 au travail

Ce vendredi 16 septembre est le début d’un long week-end pour moi : Aller/retour en France pour assister au mariage de mon cousin. Cela fait presque 9 ans qu’il n’y a pas eu de « grosse » réunion de famille de mon côté. Donc il faut comprendre que nous ne pouvions pas échapper au rendez-vous.

Et cela tombe plutôt bien car je devais repasser la frontière pour éclaircir  un « petit » problème. En passant la douane il y a 11 jours, mon permis de travail a été édité sur place et l’agent de l’immigration a fait une erreur… assez grossière et très gênante : le visa a une date de validité lorsque le ministère le délivre, j’avais un an pour passer la frontière et activer mon permis de travail de 24 mois. Sauf que l’agent a mis cette date de péremption pour la fin de mon VISA (donc en gros au lieu d’avoir un visa de 24 mois, j’ai un visa qui expire fin juin 2017… coup de stress)
D’après mon compatriote/confrère qui travaille au même centre dentaire que moi, l’erreur est fréquente (l’agent avait également fait la même erreur pour lui et une ancienne française qui travaillait aussi là avant mon arrivée)

Mon conseil du jour pour les prochains à passer au bureau de l’immigration : VERIFIER TOUT DE SUITE TOUTES LES LIGNES INSCRITES SUR VOTRE VISA, ne soyez pas pressés (je sais après 10h de voyages, on a vite envie de récupérer ses bagages)… mais ce sont 4 minutes qui peuvent vous éviter de rentrer dans une grosse galère !
Pour ma part, je reste tranquille : j’irai voir les agents dimanche soir lors de mon retour, et si jamais ça pose un problème, nous referons une demande auprès de l’immigration pour obtenir un nouveau visa de 24 mois d’ici peu !

Cette semaine suite du périple dans les démarches administratives.

RAMQ : n’habitant ni à Québec ni à Montréal, il n’y a pas de centre RAMQ dans les environs. Il suffit donc d’appeler le numéro « RAMQ, partout ailleurs ». Une très gentille dame (il faut arrêter de dire gentil car ça devient lourd ce pléonasme) commence à remplir mon formulaire au téléphone et m’envoie les papiers à finir de remplir avec les documents demandés (photocopies et originaux) dans un centre CLSC pour poser officiellement ma demande d’affiliation à la  RAMQ. Je devrai les recevoir d’ici 10-15 jours.

Banque : un RDV a été fixé mercredi matin dernier avec un conseiller afin d’ouvrir un compte « nouvel arrivant ». La banque a été choisie après plusieurs conseils (dont mon employeur) donc j’irai chez Desjardins.
Le conseiller est un camerounais qui a fait ses études au Québec et qui vient de recevoir son CSQ via le PEQ en 15 jours (délai postal inclus !)… peut être que je viens de parler en chinois pour certains d’entre vous, pour résumer il a obtenu en 2 semaines ce que nous essayons d’avoir depuis 2 ans et qui demande normalement 6 à 8 mois de délai pour une demande traditionnelle  grâce à un programme que je vais pouvoir faire  après avoir bosser pendant 1 an. Oui, je suis tellement à l’aise ici, que j’arrive à discuter de tout avec une personne que je connais depuis moins de 5 minutes 🙂 Je lui raconte nos démarches (infructueuses depuis des mois) pour le CSQ, nous discutons de projets, familles, stage etc etc. Nous sympathisons vite et nous rigolons beaucoup (Je le charrie car la différence de température France/Québec est moins pire que Cameroun/Québec)
Du coup le compte est ouvert facilement (attention, il faut avoir un lieu de résidence et un numéro de téléphone québécois. De plus il demande le nom/prénom/numéro de téléphone de 2 personnes résidant au Québec  pour prévenir en cas de tentative de fraude)
Je lui demande dans la foulée une carte de crédit, il me fait la demande facilement (je lui explique que mon permis de travail temporaire nous sert essentiellement à ce que je prépare notre arrivée dès l’été prochain). Dans l’après-midi je reçois un mail pour m’informer que ma demande de carte de crédit est acceptée et que je la recevrai dans les prochains jours ! Easy !

Du coup au niveau installation, il ne me reste plus qu’à trouver un moyen de locomotion. Là, j’hésite énormément. Achat d’occasion, leasing, location longue durée… Prochain post sur la prise de décision bientôt.

L’intégration dans l’équipe du centre dentaire est un régal ! Ça jase, ça rigole, l’ambiance est cool et professionnelle ! Les propriétaires sont gentils (arghhh, j’ai pas réussi à ne pas le redire ce mot) et super accueillant.
D’après ce que je crois comprendre 2 de mes successeurs ont eu une intégration très compliquée (un avait le mal du pays, l’autre prenait les employés de haut), donc pour moi ça passe comme une lettre à la poste.
Hier une assistante me dit « C’est drôle, nous avons l’impression que cela fait des mois que vous êtes ici tellement vous êtes à l’aise » … oui je travaille que depuis une semaine !
Lorsqu’un patient m’a demandé si je restais définitivement au Canada, une secrétaire me coupe avant même que je puisse dire un mot « De toute façon, nous le laisserons pas partir, donc il a intérêt de rester ». C’est bête, mais ça fait chaud au coeur ! Et ça me fait bien rire par la même occasion 🙂

Finissons ce petit post par un clin d’oeil bouffe :
-La patronne m’a donné pour mission de trouver le meilleur saucisson disponible sur le territoire … donc ils seront tous goûter.
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– Les chips ont des goûts très fun.
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– Le homard coûte 8$ (5€) donc en cas de disette, je ne mangerai pas des pâtes, mais du homard !

R.

J+6 Prise de repères

Voilà moins de 6 jours que je suis arrivé sur le territoire québécois. J’ai l’impression que cela fait des semaines tellement les journées sont chargées et remplies !

La dernière fois, j’avais écrit d’un Starbuck juste avant de prendre possession de mon auto (ne plus dire voiture) pour prendre la direction de Gatineau.
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Petite note à moi même : ne pas utiliser l’application Waze pour rouler sur le territoire canadien : beaucoup moins répandu qu’en France, le peu d’utilisateur le rende un peu moins fiable. Il m’a fait prendre la route par l’Ontario. Sympa, une 4 voie de Montréal jusqu’à Ottawa. Moins Sympa, les bouchons du soir à Ottawa ! Du coup j’ai perdu 1h15 dans le centre d’Ottawa avant de parvenir à traverser l’Outaouais et finir ma course au centre dentaire.

Petite visite du centre et de ma salle de soin. 9 salles de soins, 6 dentistes, 30 personnes en tout, un centre à l’américaine ! Rendez-vous pris pour le début de mon stage le lendemain à 9h00 avec découverte du logiciel et des procédures durant une journée. Ensuite jeudi des patients !

Je n’ai toujours pas de logement et prends donc une chambre dans un hôtel proche du centre dentaire… très cosy, nous devons l’admettre 🙂 Dommage je n’aurai pas le temps d’essayer l’espace Spa…

Prise de fonction au centre dentaire : je suis rattaché à une assistante dentaire au fauteuil et une secrétaire qui vérifiera tous mes actes et mes dossiers informatiques (ouf ! je ne suis pas jeté seul dans l’arène)
Le travail est très plaisant et de tourner en équipe est quelque chose que j’ai toujours apprécié : il faut travailler à la québécoise, pas de patron qui dirige et qui impose ses règles, pas de hiérarchie marquée, nous travaillons à la cool et il ne faut pas prendre les autres de haut ou pour des larbins… (j’en connais qui ne pourrait pas s’intégrer à ce moule …si tu m’entends…) et cette façon de procéder, ça me plait !
Attention, le système de santé québécois à de fort travers, un système qui peut donner le meilleur… à condition d’en avoir les moyens ! Ça me fend le coeur de retirer des dents que je pourrai sauver uniquement parce que le traitement serait hors de prix ici… va falloir s’y faire !

La recherche et la signature du bail de location de mon logement aura pris en tout 1h30. Quelques mails, cinq minutes de voiture, une visite et le tour est joué. C’est cela aussi le canada. Ça va vite, il ne faut pas trainer ou réfléchir des lustres : quand c’est correct, c’est correct ! Du coup je trouve un logement en semi-sous-sol, une chambre, laveuse et sécheuse (lave-linge et sèche-linge) et vaisselle/linge de literie et de bain compris !
Rien que mes vêtements et mes aliments à amener. À 25 minutes de marche du centre dentaire. Dans un quartier tranquille, résidentiel. Bonne pioche 🙂

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Je n’ai pas eu le temps encore d’aller à la banque pour ouvrir mon compte, ni de contacter la RAMQ pour m’affilier à leur sécurité sociale. Cela sera fait dans la semaine.

Aujourd’hui, dimanche j’ai été un peu flâner dans les environs. Faire quelques courses (magasiner comme on dit ici). Le Québec, l’endroit où vous trouverez un Mac Do dans le supermarché, l’endroit où il y a un rayon entier pour les accessoires de hockey à côté des ustensiles de cuisine, l’endroit où l’on trouve un magasin rien que pour Halloween (mais que vend-il le reste de l’année ???), l’endroit où on propose une poutine avec un fast-food 🙂

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Je me balade dans les rues, conduis dans la ville, discute avec les vendeurs des magasins. C’est drôle, car il y a une sensation d’être à l’aise dans toutes les situations, comme si nous avions tellement préparé ces instant que malgré le dépaysement, tout est facile et tout se fait simplement… comme un vrai québécois ! Il faut rester conscient que pour l’instant je vis les « noces » de l’expatriation : tout est beau et gentil, d’ici quelques semaines, voir mois, la routine va venir semer le doute dans cette adaptation et il faudra franchir le cap pour s’immiscer totalement dans la société qui nous accueille.

Pour l’instant savourons ce moment délicieux… qui aurait frôlé la perfection si il avait été en compagnie de toute la tribu et ce n’est que partie remise.

R.

Délestage dans les réseaux sociaux

Dernière demi journée de boulot cet après-midi. Les enfants sont à la maison depuis une semaine, nous nous organisons donc avec la patronne pour nous occuper d’eux en alternance. En France, le mois d’août est un mois mort : plus rien ne fonctionne…

Derniers jours avant le décollage pour notre échange de maison ! Derniers jours pour boucler les valises, mais également remettre la maison en ordre (et croyez-moi, avec 3 enfants de moins de 8 ans, cela révèle du miracle si nous y parvenions)

J’attends un rendez-vous avec l’ODQ pour me faire assermenter dès que nous le pourrons.  L’avocat de Montréal propose 2 rendez-vous pour la semaine prochaine, reste à voir quand est-ce que nous aurons une voiture pour y aller. La clinique dans laquelle le stage sera fait nous attend pour passer dire bonjour (avec toute la famille) mi août.
Notre voyage va être organisé comme nous avons l’habitude de le faire : à l’arrache !

Des soucis professionnels/relationnels viennent s’ajouter à cela. Du coup j’ai passé un « petit » coup de balai dans mes contacts Facebook : Avons-nous envie de partager notre vie à des personnes qui ne savent même pas comment s’appelle nos enfants ?
Avons-nous envie d’avoir des « relations » avec des personnes qui ne nous contacterons juste parce que nous avons des contacts au Québec ? Ou avec des personnes qui disent être des amis et qui sont capables du pire afin de servir leurs propres intérêts ?

Je suis passé à 150 contacts FB. Plus de 300 personnes en moins. Désormais je vais pouvoir republier un peu plus sur les réseaux sociaux afin de partager des tranches de vie avec des personnes qui comptent à mes yeux. Arrêter cette hypocrisie de vouloir déballer sa vie « parfaite » au monde entier en cachant les parties non-idylliques.

L’heure du ménage a sonné, et nous n’irons pas avec le dos de la cuillère : marre d’être les pigeons « trop bons, trop co… »

R.