AAA : Alerte Annonce Agence !

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fin mars 2019 (petite entorse à la chronologie)

Amis Dentistes Français,

Je viens de raccrocher à l’instant avec Amal qui gère une agence de placement d’assistantes, d’hygiénistes et de dentistes dans l’Outaouais.
En discutant de mon parcours avec elle a été très intéressée sur la possibilité de faire venir des dentistes français pour combler des postes. Reste à voir pour la phase immigration mais elle sera capable sans aucun doute de trouver des maitres de stage ! Et son réseau permettra de trouver des « facilitateurs » en immigration.

Donc désormais, vous savez ce qui vous reste à faire : tentez en envoyant un CV et un courriel de motivation 🙂

La Chance sourit aux audacieux !

info@dentoutaouais.ca
http://dentoutaouais.ca/

R.

Dentistes français : NON, ON NE T’ATTEND PAS ICI !!

Cela sera répété des milliers de fois ! Des dizaines de milliers de fois !

Les dentistes français ne sont pas vus comme les sauveurs de la dentisterie québécoise ! Bien au contraire !

Tes milliers de DU, tes formations auprès de grands pontes internationaux, tes centaines de publications en anglais, tes années d’expériences à gérer ton cabinet avec une main de maitre et un chiffre d’affaire à plus d’un demi million par an,
RIEN NE SERA VU COMME UN PASSE DROIT ICI QUI TE PERMETTRA DE COMMENCER AU MILIEU DE L’ECHELLE !

Quelle que soit ton expérience, tu seras vu comme un praticien tout juste diplômé, tout juste bon à écouter les propriétaires qui seront peut être même beaucoup plus jeunes que toi !

Ta fierté tu la ravales et tu fais tes preuves ! C’est comme cela que tu monteras les échelons, pas autrement.

Attention, avec la mode Canada auprès des dentistes français actuellement, certains confrères ont un peu savonné l’échelle… il faudra donc redoubler d’effort pour se faire accepter.

Pour preuve, voici des captures vu sur internet, sur un groupe fermé.
À bon entendeur.

R.

Les 5 Commandements du Dentiste Français au Québec.

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Cet article décrit nos ressentis ici, notre vision de la profession de médecin dentiste ici au Québec (oui car ici les études sont appelées études de médecine dentaire). Ainsi des confrères pourraient avoir une vision totalement différentes en fonction des expériences vécues (ici ou là bas)

Tout d’abord en préambule, il faut avoir en tête que nous sommes deux cultures différentes, avec des formations différentes, une politique de remboursement social différente. Nous parlons la même langue mais les Québecois sont des américains qui parlent français et non des Français qui vivent en Amérique. La règle du « politiquement-correct » est donc de rigueur.

Il n’existe pas de fossé que ce soit au niveau technique ou au niveau matériel. Il existe de très beaux cabinets, des très bien gérés et des vieux avec du matériel des années 80 ou du « cheap » avec du matériel provenant quasiment de Ebay… un peu comme en France. Cependant la plus grosse différence matériel qui saute au yeux est que le fauteuil est rarement la priorité du cabinet, ainsi la majorité des postes pour les collabs (dentiste à pourcentage) seront dotés d’un magnifique fauteuil qui dépasse presque nos âges. Même certains dentistes propriétaires ont de beaux fauteuils du siècle dernier.

Ainsi pour nous il existe cinq grandes règles à suivre pour se lancer au mieux dans l’aventure nord-américaine et personne ne t’attend, tu devras faire tes preuves pour obtenir ton nom : les DU, les formations, les beaux diplômes français ici ne valent pas grand chose.
Tes grandes années d’expériences, la belle gestion de ta clinique, cela ne te donnera pas de passe droit pour sauter les échelons de ton ascension sociale ici. Tu commenceras comme tout le monde en bas et tu monteras plus ou moins vite en fonction de cette expérience acquise durant ces dernières années. Donc même si tu repars de zéro, tu auras toujours la possibilité de monter aussi haut que tu le souhaiteras avec le temps.

1/ Le patient est roi mais toi tu restes le patron.

Le patient qui veut imposer son plan de traitement, il va falloir s’y faire. Il paye donc  il a le droit de choisir. Très différent de la mentalité française qui laisse libre choix au dentiste de décider (si le patient n’est pas d’accord, il peut aller voir ailleurs), ici l’approche reste très différente. Il sera très mal vu de dire au patient d’aller se faire voir chez les Grecs si il est pas content. Il faut donc savoir user de beaucoup de diplomatie et d’explications pour essayer de faire choisir la meilleure solution pour le patient à nos yeux.
Ici le patient (ou son assurance) paye donc le prix d’une endo à 1000$ ou l’extraction à 114$ feront une différence pour le choix du plan de traitement. Il faut donc laisser le choix au patient avec un consentement total et éclairé sur les différentes solutions et le prix qui en découlera.

Cependant tu restes le dentiste qui a une valeur sociale très élevée. Le patient n’osera en règle général donc jamais te contredire, te poser des questions directement (ils passeront par l’assistante ou l’hygiéniste) ou bien te demander de reexpliquer. Tu devras ainsi lire le langage corporel et t’assurer de la validation du patient pour un plan de traitement si une minuscule réticence apparait.
De plus un patient insatisfait ne te le dira presque jamais directement, il te dira au revoir avec une grand sourire et ne se gênera pas de te faire part de son mécontentement aux secrétaires, à la boite à avis ou bien via les avis google sans jamais faire de vagues.

Ton plus grand allié pour éviter cela est ton équipe : l’assistance, la secrétaire, l’hygiéniste sauront  te guider et poser les questions si le patient ne semble  pas ravi à 100%.

2/ Ne fais pas le cowboys, ici tu ne tentes pas sans être sûr(e)!

À moins d’être sûr à 95% de la réussite de ton traitement, tu n’essaies pas de le faire à moins d’avoir prévenu le patient du risque d’échec. Ainsi les traitements endo non complets, la chir un peu acrobatique, le composite sans paroi rétentive, ça se fait mais il faut avoir proposé au patient avant de voir un spécialiste, donné des prix pour les autres solutions et fait signer un consentement comme quoi la situation présente un gros risque d’échec.

Si tu t’engages dans un traitement qui se met à tourner au vinaigre, tu temporises, tu proposes d’envoyer au spécialiste et tu fais signer un consentement au patient si il désire tout de même de finir le traitement sans garanti de résultat.

La clef ici est de connaitre ses limites et de toujours proposer de voir le spécialistes (il existent ici des spécialistes pour toutes les disciplines dentaires). Si le patient souhaite tenter quand même avec toi (coiffage direct en cas d’effraction pulpaire, instrument cassé lors d’une endo, CBS lors d’une chir), il devra signer un consentement. Les modèles sont disponibles dans toutes les cliniques et il est bien stipulé que le patient a eu le choix de son traitement et aussi le choix de voir un spécialiste pour son traitement.

Avec cela, tu te pares pour le troisième commandement.

3/ L’Ordre n’est pas ton ami , il ne t’aidera pas en cas d’erreur, bien au contraire.

Contrairement à la France qui a un Ordre très paternaliste et qui favorise la conciliation lors d’une procédure praticien/patient, ici l’Ordre est un vrai protecteur de la population. Son rôle est de se mettre du côté du patient pour vérifier que le dentiste est un bon dentiste et qu’il ne fait pas prendre de risque au patient de manière inconsidérée. Ainsi les radios/photos intraorales sont quasiment obligatoires en préopératoire pour pouvoir se justifier dans la mise en place d’un plan de traitement. L’Ordre peut les demander pour vérifier la prise de risque du dentiste. Il faut savoir qu’en cas de litige, c’est un jury de spécialistes de la discipline qui jugera le travail du dentiste. Ainsi autant dire qu’on ne se lancera pas dans le traitement hyper risqué que seul un spé peut faire car après si il y a un souci va falloir se justifier devant des spécialistes.

Le consentement signé reste la clef de voute pour pouvoir prouver que le patient était conscient et coopératif à la prise de décision du plan de traitement.

4/ Take your time.

Tu n’impressionneras pas réellement les autres ici  en faisant ton composite 3 faces en 20 minutes. Ici la qualité est le critère numéro un et les dentistes propriétaires sont très indulgents sur les dentistes finissant « lents ». C’est sûr que si tu travailles bien et vite, ce sera un gros atout, mais sache que ce n’est pas l’objectif ultime.

Ici tu es payé et tu peux vivre quel que soit le type de travail effectué. De nombreux dentistes ne prennent pas trop de risque en ne vivant que de composites et d’examens d’hygiène. Les tarifs te permettent de pouvoir mettre la digue dans tous les cas (libre à toi ensuite de la mettre ou pas) et d’axer ton travail sur l’art dentaire et non l’abattage industriel que la CPAM impose.

De plus forcément si un acte n’est pas parfait, le patient n’attendra pas le contrôle de l’année prochaine pour revenir et ne se gênera pas pour te demander ton explication sur la durée de vie réduite de ton travail (et si les explications ne lui conviennent pas, pour ensuite te faire un gros sourire et te bâcher auprès des secrétaires ou sur internet, cf commandement 1 )

De toute façon tu vas ralentir le rythme par toi même et apprendre à gérer 3 voir 4 patients en même temps. C’est l’une des raisons aussi pour laquelle tu prends ton temps car c’est très demandant de « switcher » d’un patient à l’autre car tes hygiénistes ont des patients et tu as les tiens. Donc il faut savoir faire la gymnastique entre les salles de soins pour te souvenir ce que tu dois faire, ce que tu as dit et ce que la patient attend de toi.
Les patients ici ne sont pas regardant sur la montre et peuvent attendre 10 minutes assis sur le fauteuil que tu finisses avec un patient avant que tu viennes continuer le soin. Le but de cette organisation est que tu ne fasses que tu travailles de « dentistes » et que tu n’attendes pas qu’un patient soit rentré dans la salle de soin pour reprendre la journée.

5/ REMPLIS TES DOSSIERS CORRECTEMENT.

Que ce soit dossier papier ou informatique, les dossiers ne sont pas modifiables après  les avoir remplis. Aucunes ratures ou ajout avec un astérisque ne sera toléré par l’Ordre en cas de litige.
Tu prends donc du temps pour les remplir, tu le fais correctement, tu y consignes tout (consentements du patient, mises à jour du dossier médicales, les radios, les facturations) tu les signes et tu les classes.

Ce point te permettra de conclure les 4 premiers points des commandements, tu mets la quantité et le type de produit utilisé/injecté, tu poses les diagnostics, les tests, les analyses radio, les références éventuelles, tout doit être justifié et ensuite le protocole complet doit être décrit, jusqu’aux conseils post-op du rendez vous (que ce soit de la chir ou un composite)  et le pronostic du travail fait.

Des contrôles réguliers de l’Ordre permettent de mettre l’accent sur les points faibles de ta façon de remplir les dossiers afin de tendre vers la perfection.

Maintenant petits conseils pour ceux qui cherche un stage :

  • Mets ton CV au goût du jour à la québécoise : pas de photo, pas de situation familiale, pas d’âge, priorité sur l’expérience professionnelle plus que les formations/diplômes. De nombreux sites internet sont dédiés à la rédaction des CV et des lettres de motivation à la québécoise, allez faire des petites recherches.
  • Recherche des annonces de ventes, de collab, etc sur les sites québécois tels que l‘Ordre ou l’ACDQ et tu tartines !!
  • Fais des suivis téléphoniques de tes CVs. Ici le téléphone est privilégié. Les mails sont laissés de côté et oubliés, le top c’est d’appeler et de demander à parler directement au gestionnaire. Ça permet de forcer un peu le contact.
  • Montre ta ganache ! Prends un billet d’avion et ose ! Plus qu’un CV, ici ils engageront une personnalité. Rien de meilleur que de montrer sa motivation et son joli minois pour jouer à l’Opération séduction. Des dernières personnes qui ont eu l’opportunité d’avoir une offre d’embauche, je pense que la majorité est venue déposer  le CV directement à la main du gestionnaire ou du dentiste. Ici ça marche énormément avec le réseautage, si tu n’en as pas et bien tu te montres !
  • Les villes Montréal et de Québec seront à éviter car les trois seules facultés du Québec y résident, la concurrence avec les diplômé québécois y est donc très rude.
    Et il est sûr qu’entre un dossier d’un canadien ou un dossier d’un stagiaire français pour lequel il faut faire des démarches compliqués d’immigration, il n’y a pas photos !
  • L’ADC propose quelques pages pour les dentistes étranger. Allez y poser un oeil.
  • Pour les spécialistes, comme je ne connais pas les démarches (est-ce les mêmes ou bien sont-elles différentes ?) Je vous invite à aller voir directement avec eux sur le site http://www.fdsq.qc.ca/fr/accueil.htm, peut être existe-t-il une démarche qui permet de court circuiter le stage ou BNED… qui sait ?

En espérant ne pas avoir dit trop de conneries et avoir pu aider un maximum d’entre vous.

R.

« et ton stage alors ? »

Petite parenthèse pour les « Dentistes »

Le stage se déroule très bien. Je fais ma place dans la clinique et je prends le pli pour le rythme des journées.
Les différences avec la pratique résident en gros à trois points, mais globalement les actes sont similaires et nous n’avons pas à rougir face à la pratique nord-américaine.
Une dent reste une dent, donc les techniques opératoires sont similaires, voir quasi-identiques.

Première différence : les temps de rendez-vous. Fini les 20-30 ou 40 minutes. Les temps sont doublés, voir triplés par rapport à ma pratique en France. Cela à cause de plusieurs facteurs : les soins étant très chers, la qualité attendue et l’exigence sont un cran au dessus de celles des français (trop habitués du gratuit ou du intégralement remboursé). De plus les prix étant 5 à 8 fois supérieurs à la France, pas besoin de faire de la quantité pour « survivre » dans son cabinet.
L’autre facteur est que tu dois, en plus de tes rendez-vous, effectuer des examens complets, établir des plans de traitement et répondre aux questions des patients vu par l’équipe d’hygiénistes (Oui ,la France est un des derniers pays à interdire la présence d’hygiéniste dentaire dans l’équipe médicale… no comment) Ainsi il n’est pas rare de se faire interrompre (parfois plusieurs fois) pendant un rendez-vous. Donc il faut voir un peu plus large pour pouvoir éviter tous retards.

Deuxième différence : beaucoup de soins conservateurs et d’extractions. Peu d’endo et de prothèses. L’endo et la prothèse représente à peine 10% de l’activité d’une journée standard. Et il n’est pas rare de retirer des dents qui sont « sauvables » avec un traitement canalaire mais que tu dois enlever par manque de moyen financier (entre 500 et 1100$ l’endo).

Troisième différence : la tenue du dossier médical. TOUT doit y figurer. L’Ordre inspecte régulièrement les dossiers de tous les cabinets dentaires. C’est une question de protection juridique et de droit du patient. Pour chaque rendez-vous le dossier doit contenir au minimum : motif du RDV, Questionnaire médical remis à jour, les allergies et les médicaments, les signes cliniques, les tests effectués, les analyses des radiographies éventuelles, le diagnostic, les détails de l’acte effectué (avec les produits utilisés,  les gestes effectués, les éventuelles remarques), le pronostic et les actes à faire le prochain RDV.
En gros pour un petit composite, tu arrives avec 15-20 lignes de description !

Juste avant Noël, j’ai reçu mon cadeau par mail : ma validation pour l’auto-évaluation en pharmacologie ! J’y ai passé de longues heures, à fouiner dans les livres et sur internet pour trouver les références canadiennes, mais ça a été payant. Une seule correction a été demandé !
Cet auto-évaluation consiste à répondre à des questions sur une dizaine de cas clinique.
Adulte diabétique avec un risque oslérien et allergique à la moitié du Vidal qui vient avec une nécrose pulpaire (ah oui, il est phobique et fait de l’asthme aussi donc nécessite une prémédication), ou bien un enfant qui est soigné pour une leucémie qui vient avec une primo-infection herpétique et des lésions l’empêchant de s’alimenter et de boire depuis 2 jours (donc rien per os), un hémophile qui veut se faire retirer les dents de sagesses incluses qui fait de l’épilepsie et de l’anémie etc etc etc
Bien entendu les cas ne sont pas simples et tu replonges dans tes ouvrages de pharmacologie et de pathologies médicales car tu as trop pris l’habitude d’adresser ce type de patients à l’hôpital ! huhuhu !

 

Il y a également une auto-évaluation sur le système de santé québécois qui se remplit en ligne sur le site du conseil de l’ordre en regardant en parallèle des petites vidéos pas très palpitantes… regarder pendant 5 heures une personne assise en train de lire un texte, y’a quand même plus existant dans la vie !

Voilà, amis Dentistes, des questions ?

R.

It’s small world !

Heureux hasard,

Un nouveau stagiaire débarque en décembre au cabinet dentaire : vaste imbroglio administratif, mon maitre de stage a perdu son agreement de maitre de stage et je me vois donc être le dernier stagiaire qu’il encadrera (peut-être de sa carrière !). La porte se  ferme juste derrière moi… un mois de réflexion de plus et bye-bye le stage !

Ce petit nouveau (!) a débarqué à Montréal début novembre, mais finalement rentrera au bercail le temps qu’il obtienne son autorisation de début de stage.
Durant son séjour ici, nous sortons avec quelques personnes du centre dentaire et en fin de soirée, Anthony (oui c’est son petit prénom) me lance

– T’aurais pas un blog ?
– …
– Oui ça doit être toi, tu colles trop avec ce que j’ai lu !

Hahaha, il faut que je retrouve un  de mes rares lecteurs en stage avec moi. Si jamais tu fais un blog Anthony,  ce sera avec plaisir que je mettrai un lien vers ton site 😉